Platon, Lcyes, I. VIII, p. 842 E
4. Pausanias, I. VIII, c. 34. § 6; Poîyen, Stratag., I. VF, c. 24.
5. Voy. parex. Horace, Od , I. I. 19, v. 13; Virgile, JEn., 1. XII,v.li9: Ovide, Métamorph., 1. XV, v. 574, et Tristes, 1. V. 5, v. 9. C'esl par hasard sans doute que Ton ne trouve pas chez les Grecs d'indications de ce genre. Cependant, dans Apulée {Métamorph,, I. VII. e. 10), la scène se passe en Grèce.
traversée, improvisent un autel, en amoncelant les pierres que l'on rencontre d'ordinaire sur les rivages1. Même dans les temps historiques, les Béot iens, pour célébrer la fête des Dédalies se construisaient un autel à l'aide de bûches entassées qu'ils brûlaient ensuite avec les victimes2, el à Elis, certains sacrifices s'accomplissaient sur des autels élevés à la hâte dans )a place du marché, constructions légères qui ne devaient servir que passagèrement ; on ne dit pas de quels matériaux elles étaient composées3. Les autels au contraire qui étaient destinés à durer étaient en général bâtis en pierres; il y avait cependant des exceptions. Zeus Xoxaïoç avait, au sommet de la montagne d'où lui venait cette qualification, un autel formé de terres rapportées, sur lequel on lui offrait des sacrifices mvstérieux4. A Délos, on montrait un autel construit avec des cornes de chèvres, qui comptait parmi les sept merveilles du monde ; cet autel, suivant la légende, avait eu pour architecte Apollon lui-même, qui avait utilisé de cette façon les cornes des chèvres sauvages tuées à la chasse par Artémis \ Un voyageur moderne a rencontré en Céphalonïe. sur le plus haut sommet de l'Aénos (aujourd'hui montagnanera) un autel formé^d'ossements et de cendres6. Dans plusieurs localités, des cendres produites par la combustion des victimes s'étaient amoncelées en autels; il en était ainsi, àPergame, dansl'ile de Samos, à Élis, à Olympie, à Thèbes où, en raison de cette particularité, Apollon était adoré sous le nom d'Apollon -Tris;:;. Enfin à Didyme, près de Milet, il existait un autel dont on assurait qu'il avait été édifié par Héraclès, avec le sang desséché des animaux immolés en son honneur '.
La forme des autels variait : elle était tantôt ronde, tantôt quadrangulaire et dans ce cas le plus ordinairement carrée ;
\. ThéocrUe, M., XXVI, v. 3 ; Apollonius, 1. I, v. 1123. et 1. II, v. 695.