Lucien, de Sacrificiis
6. Sur une question soumise par les Rhodiens à l'oracle de Delphes, n lativemenl à certaines installations nécessaires, et sur la réponse qui leur fut faite ('Pofiîwv xpY)o{t6î)> voy. Suidas, s. v. ; Diogenianus, Prot . cent. VIII, ï, i. I, p. 305, ni. Leutsch ; cf. i. Il, p. 634.
7. C'est ce rapprochement qu'Heimcs cherchée détourner, dans la fable
enceintes consacrées ; cette prohibition toutefois n'était pas appliquée partout avec la même rigueur. La naissance el ta morl étaient aussi, pour les lieux témoins de ces événements, une cause d'impureté; aussi la loi exigeait, en plusieurs pays, que les femmes dont la délivrance approchait, les vieillards et les malades dont la fin était imminente, Fussent éloignés des Tcspi'êqXot où pouvaient habiter des prêtres, des serviteurs du temple ou des malades ' ; mais sur ce point encore, il y avait des accommodements. On se contentait, en cas semblables, de purifier les lieux souillés, à l'aide de lustralions accomplies selon les rites traditionnels dont il sera question plus loin.
Les temples eux-mêmes, si différents qu'ils fussent de forme et de grandeur, avaient tous ce caractère commun qu'ils n'étaient pas construits au ras du sol, mais sur un soubassement qui les élevait au-dessus des habitations humaines. Ce soubassement formait une terrasse divisée en gradins. Chaque gradin étant trop haut pour être franchi commodément, on avait en certains endroits, surtout auprès de l'entrée, pratiqué des brèches remplies par des marches plus basses. Il était de tradition que le nombre des degrés fût impair, afin que l'on pût commencer et finir l'ascension du pied droit2. La partie essentielle du temple était l'espace fermé, dans lequel était conservée l'image delà divinité ou ce qui en tenait lieu; elle s'appelait vaéç ou tnrjxéç, en latin cel/a, et formait, pour ainsi dire, le noyau autour duquel se groupaient les autres parties; elle recevait la lumière par la porte, quelquefois aussi cependant par une ouverture pratiquée dans le toit. Il y avait encore des temples dont la partie centrale était découverte, et qui,
48 de Babrius. Canis immundus dit Horace (ép. I, 2, v. 26). Philochorus, fr. 146(t. I, p. 408 desFragm. hist. de Mùller, éd. Didot),fait une remarque analogue au sujet du Parthénon ; cf. Plutarque, Quœst. rom., n° 111, où les choses sont présentées un peu autrement. Les chiens ne pouvaient pas non plus entrer dans l'île de Délos, ce que le scholiaste d'Ovide (ad lbin, v. 480) explique par des raisons mythologiques empruntées h Callimaque. Un passage de Pausanias (1. VII, c. 27, § 10) prouve cependant que les chiens n'étaient pas toujours et partout exclus des enceintes sacrées.
1. Pausanias, 1. II, c. 27, § 1 ; voy. aussi le récit de la mort de Démosthène, dans la Vie de cet orateur par Plutarque, c. 29.
2. Vitruve, 1. III, c. 3 ; voy. aussi Bœtticher, Tektonik, 1. 1, p. 125.
pour cette raison, s'appelaient uicatOpot1 ; mais cette disposition n'appartenait guère qu'aux vaôî occupant un espace considérable, qui n'auraient pu recevoir assez de lumière par la porte. Au fond, faisant face à l'entrée, se dressait sur un piédestal ((âaxpôv) la statue du dieu ; quelquefois aussi elle était placée dans une petite chapelle isolée de toute part (vafcjxûç). Il est possible qu'en certaines occasions on plaçât des barrières pour tenir la foule à distance, mais cette précaution n'était pas habituelle, non plus que celle de cacher l'image sous des voiles (-zpxzz.-x-ij.x~x) qui ne devaient être écartés que lorsque les prêtres se mettaient en communication avec la divinité par des prières et des offrandes2. Devant la statue était un autel destiné aux sacrifices sans immolation. Dans les temples plus spacieux, la celia pouvait contenir un grand nombre d'ex-voto de différente nature (àvaO^jjLata). Quelquefois aussi une galerie soutenue par des colonnes et courant tout le long du bâtiment servait à ces expositions 3. La porte à deqx battants, et le plus souvent ornée de sculptures, s'ouvrait toujours en dehors, contrairement à l'usage adopté pour les habitations domestiques4.
Au naos se rattachaient différentes parties accessoires en plus ou moins grand nombre : il y avait d'ordinaire un portique, lupovaôç, formé par le prolongement des murs latéraux, et ouvert sur la partie antérieure. Le toit était soutenu par deux piliers, entre lesquels on apercevait la porte d'entrée el qui en laissaient l'accès libre. Cependant le pronaos, qui recevait aussi des offrandes et tous les objets qui n'auraient pas été placés convenablement dans le naos, pouvait être, si on le jugeait nécessaire, fermé par des grilles scellées dans les intervalles des colonnes. Lorsque les bâtiments se trouvaient insuffisants, on construisait aussi à L'extrémité opposée du naos une dépendance connue sous le nom d'opisthodome
I. Vitruve, 1. III, c. 1 ■. voy, aussi Hermann, die Hyfi&thrallempeln de. AUiilh., Gcettingen, 1844.
•2. Voy. Bœtticher, Tektonih, t. I, p. 250 et 287, et t. II. p. 5 : cf. Hermann, ibid., p. 32.