‹ Antiquités grecquesChapitre 197 sur 567 · Diodore, 1. XIII, c · texte numérisé non relu

Diodore, 1. XIII, c

l'encens, tout ce qui servait aux sacrifices où le sang- ne devait pas couler. Les temples mystiques, dans lesquels s'accomplissaient les fêtes des mystères, devaient, à la vérité, être assez grands pour contenir une foule considérable, et en effet* il est dit à propos de celui d'Eleusis que la partie intérieure, appelée artv.bç \j.ugv:/.6c, avait l'étendue d'un théâtre, ce qui suppose nécessairement entre les diverses parties, des proportions différentes de celles que l'on cherchait généralement, puisque le monument d'Eleusis n'avait en tout que deux cent vingt pieds de long sur cent soixante-dix-huit de large et que le œyjxoç [xuaTaéç formait à peu près un carré de cent soixantesept pieds '. — Les temples plus spacieux, dont il a été question plus haut, n'étaient pas les plus anciens : ils datent d'un temps où il existait déjà des palais pour les princes, et des bâtiments appropriés à tous les usages de la vie. 11 était donc naturel de songer à honorer la divinité par des édifices somptueux, non pas seulement en état de suffire aux nécessités du culte, mais qui répondissent à la majesté des immortels. On a prétendu qu'il existait aussi des temples sans statues et sans prêtres, qui n'étaient pas, à proprement parler, les maisons des dieux et qui, servant uniquement à contenir une affluent- e considérable dans les occasions solennelles, lorsque, par exemple, les prix étaient distribués aux vainqueurs des jeux. restaient fermés le reste du temps, afin de mieux garder les objets précieux, les offrandes ou les deniers publics : c'est là une question qui aurait besoin d'être examinée plus attentivement qu'elle ne peut l'être ici. Suivant moi, tous les temples appartenaient au culte. Pour ceux mêmes qui , comme le Parthénon, sont appelés par quelques antiquaires temples agonistiques, il est difficile de croire qu'ils n'eussent d'autre destination que de servir à cet usage. Us renfermaient l'image de la divinité; donc ils étaient des vy;.'. c'està-dire des habitations à l'usage des dieux-, et étaient desservies par des prêtres. Naturellement les anciens temples con-

1. Voy. Prelloi-, dans la Real-Encyclop. de Pauly, t. lit, p. 89.

2. Il en était ainsi .lu Parlhénûn : voy, Pausanias, I. I, o. 24, ^ 5, et Corpus Inscr. <jr., t. I, p. 177. On lit dans Etienne de Bysance, s. v.

Oepâuvai : vaô<; <rri(xaivei t^v o'txi'av, k'vOa 0eo\ OspaneûovTai.

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tinuèrent d'être affectés aux anciens cultes, el les services traditionnels y demeurèrenl en honneur, niais même dans les monuments plus récents et plus somptueux, les fidèles pouvaient faire acte de piété. Si quelques-uns n'étaient ouverts que dans des circonstances déterminées ', ils avaient cela dé commun avec les anciens temples, que personne ne songe à exclure du nombre de ceux qui étaient consacrés an culte \ • — Aussi bien que les dieux, les héros, ou au moins plusieurs d'entre eux, avaient leurs temples, ifjpôa ou orvjKoi; c'étaient pour la plupart des chapelles funéraires élevées sur leurs tombeaux; mais alors même que les tombeaux n'existaient pas, on leur bâtissait des chapelles. Pandion. par exemple, avait un Herôon à Mégare, bien qu'il eût été enseveli, disaiton, sous un rocher situé au bord de la mer ;t.

Dans plusieurs temples, il y avait, outre la cella, un réduit sacro-saint appelé adyton ou mégaion, dans lequel n'avaient accès que les prêtres, et seulement à des jours fixés \ quelquefois aussi, la cella elle-même était un adyton, comme dans le temple d'^Egion, en Achaïe, où la prêtresse seule avait le droit de comtempler l'image de Héra, et dans celui d'Aphrodite, à Corinthe, où l'on ne pouvait envisager la statue et adorer la déesse qu'en demeurant sur le seuil5. Ces adyta étaient quelquefois des caveaux : il en était ainsi dupéribolos de Poséidon, dans l'isthme de Corinthe, où étaient ensevelis

1. Plaute fait allusion à cette particularité, clans sa comédie des Bacchis, a. IV, se. 8, v. 49 : « Illa autemin arcem abiit aedem viseie Minervœ ; nunc aperta est. » C'est bien du Parthénon qu'il est question dans ce passage. L'existence d'un personnel sacerdotal affecté au culte d'Athêna Parthénos est attesté par les inscriptions ; voy. par exemple Rangabé, Antiq. hellen., t, II, n° 1014, et E. Petersen, dans l'Archxol. Zeitung de Gerhard, p. 150.

2. Au sujet du débat soulevé, il y a longtemps déjà, par une dissertation de Bœtticher, insérée dans la Zeitschrift f. das Bauwesen de Erbkam, 1852, on peut consulter les écrits en différents sens de Stark (Philologus, t. XVI, p. 86), de Wachsmuth (Denkmxler and Forsch. de Gerhard, 1860, n° 141, p. 108) de Bursian [Philol. t. XIV, p. 84), d'Ussing(Gfn>c/<. licisen und Sludien), et de Bœtticher (PhiloL, t. XVII, p. 385, et t. XVIII, p. 385.)

3. Pollux, Onomast., 1. I, 6; Eustathe, ad Od.,i. IX, v. 219; Pausanias, 1. I, c. 41, § 6; voy. aussi Ross, das Theseion, p. 30 et 36.

4. Sur l'expression xtvsîv Ta [xly*p=« répondant au latin movere sacra, voy. Lobeck, Aglaophamus, p. 380.

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