Hérodote, 1. V, c. 72, et
trouvaient, vis-à-vis des nationaux, dans le même rapport que les hérétiques à côté des orthodoxes. Mais quel motif pouvait-on avoir à Tanagra d'interdire aux femmes l'entrée de l'Hérôon et du bois sacré consacrés au héros Eunostos? On ne pouvait non plus citer à l'appui de ce fait qu'une légende1. Plus bizarre encore était la prétention des Rhodiens d'interdire aux hérauts l'entrée dans le sanctuaire d'Okridion, et celle des Ténédiens qui consignaient les joueurs de flûte à la porte de l'Hérôon de Tennès2; les légendes se chargaienl cependant aussi de les expliquer. A Erythrée, en Ionie, il y avait un temple d'Héraklès, dont l'accès était permis aux seules femmes d'origine thrace, à l'exclusion même des femmes indigènes, parce que, disait-on, les premières avaient sacrifié leur chevelure à. l'intérêt public, et que les autres s'y étaient refusées3. Il existait àBrysae, en Laconie, un temple de Dionysos, dont la partie intérieure ne pouvait être vue que par des femmes qui venaient y accomplir des pratiques secrètes. C'était l'opposé dans la ville de Géronlhraî, située également en Laconie : les hommes seuls pouvaient fouler le bois sacré, durant la fête annuelle que l'on y célébrait en l'honneur d'Ares4. Le premier et le second jour de la fête que les habitants do Pellène offraient à Déméter Mysia, les deux sexes se confondaient dans le sanctuaire ; mais le troisième, tout ce qui appartenait à l'espèce masculine, même les chiens, était exclu impitoyablement5. Dans l'île de Gypre, près de Karpasia, était un temple d'Aphrodite Akraia dont les femmes ne pouvaient approcher0. A Catane, en Sicile, au contraire il existait une statue de Déméter que Les hommes n'avaient jamais envisagée; les femmes seules pouvaient franchir le seuil du temple qui la renfermait el v accomplir le suint ministère7. Nous aurons plus tard l'occasion de parler des
i . Plutarque, Qusest. gr. , n" 10,