Cicéron, in Verran, 1. IV, c
2(iî ANTIQUITÉS RELIGIEUSES
Thesmophories, célébrées également eri l'honneur de Démêler, el auxquelles les femmes seules prenaienl part.
Enfin certains temples étaienl considérés surtoul comme des asiles, parce <|u'ils offraieni plus particulièrement un refuge aux coupables poursuivis par les lois. Dans le sens généra] ilu mot, (mis les sanctuaires sonl xaoXot, c'est-à-dire inviolables. Détourner ou profaner ce qui a été donné aux dieux en propriété ou placé sous leur garde était partoul réputé un crime, el ainsi s'explique le soin que prenaient, non seulement les magistrats, mais les simples particuliers, de déposer dans les temples les deniers publics ou les objets précieux, parce qu'on les y croyait plus en sûreté que partout ailleurs1. Pour les mêmes raisons, tous les malheureux qui venaient se réfugier en suppliants dans un temple, au pied d'un autel ou de la statue d'un dieu, étaient inviolables, en ce sens du moins que quiconque aurait tenté de les en arracher eut été convaincu d'attentat à la majesté divine. L'esclave qui se dérobait aux mauvais traitements de son maître, l'ennemi vaincu qui s'efforçait d'échapper aux conséquences de sa défaite, l'accusé, le condamné même, du moment qu'ils avaient "atteint le temple ou l'autel du dieu, étaient placés sous sa protection2. Mais comment s'exerçait cette protection? jusqu'où s'étendait-elle? Là-dessus les coutumes différaient. Dans certains sanctuaires, le droit d'asile était absolu, sans acception de personnes; quiconque s'y était réfugié était à l'abri des poursuites dans toute l'étendue de leur circonscription, et cette circonscription comprenait généralement un espace considérable, dépendant du péribolos 3. Le fugitif qui se présentait en suppliant pouvait y rester tant qu'il lui plaisait et que duraient ses moyens d'existence ; ^étaient les asiles proprement dits \ A cette classe appartenait le sanctuaire
\. Voy. Schœmann, Antiq. gr., t. I, p. 335 et 618; cf. Plutafque, Lysandre, c. 18; Diogène Laërte, 1. II. c. 51 ; les commentaires sur Cornélius Népos (Hannibnl, c. 9); PJaute, les Bacchis, a. II, se. 3. v. 78.