‹ Antiquités grecquesChapitre 215 sur 567 · CHAPITRE SIXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIEME

Comme les offrandes, les sacrifices sont des présents que les hommes prélèvent sur ce qu'ils possèdent, pour témoigner à la divinité leur vénération, s'assurer son appui ou désarmer sa colère ; mais tandis que les premières restent la propriété du Dieu, soit qu'elles ajoutent à l'ornement do son effigie el de son temple , soit qu'elles servent à l'exercice du culte ou enrichissent son trésor, les seconds ont pour but de procurer à la divinité des satisfactions qui semblent n'appartenir qu'aux créatures, telles que le boire et le manger, ou bien d'immoler un animal, quelquefois môme un homme, afin de détourner, par ce dérivatif, le danger qui menaçait l'auteur du sacrifice. Ce serait cependant une erreur de croire que tous les sacrifices aient été, à l'origine, des expiations, que l'on se soi! uniquement proposé par là d'apaiser le courroux des dieux el de fléchir leur justice. Il est plus exact de dire que la fréquence des sacrifices doit être attribuée dès lors à un double sentiment : la reconnaissance envers les dieux, dispensateurs de tout bien, el la conscience du besoin que les hommes onl de leur appui. Les sacrifices consistaient presque toujours en libations ou en objets comestibles. On ne voulait pas jouir des bienfaits que l'on devait aux dieux sans les appeler à v prendre part et sans acquitter une sorte de péage ; on leur offrait ou on leur demandait l'hospitalité ; l'un et L'autre peuvent se dire1. Sans doute aussi ou lui guidé, au début, par cette pensée que les sacrifices étaient, pour ceux à qui on les offrait, une satisfaction matérielle. Dans les Vedas, les

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