‹ Antiquités grecquesChapitre 232 sur 567 · Athénée, I. XIII, c. 51, p · texte numérisé non relu

Athénée, I. XIII, c. 51, p

ravages qu'ils faisaient dans les vignes. On sacrifiait des chèvres à Aphrodite, en raison de leurs dispositions aphrodisiaques ; c'est ainsi du moins que quelques personnes expliquaient cet usage'. Cependant la chaste Artémis agréait le même présent2, et l'on avait coutume d'immoler aussi des chèvres à Apollon, notamment lorsqu'on allait à Delphes consulter l'oracle 3. Les brebis et les béliers pouvaient, à ce qu'il paraît, être sacrifiés à tous les dieux, car la tradition d'après laquelle Zeus faisait fi des brebis, ne repose sur aucun témoignage certain \ Les bœufs étaient aussi bien venus de toutes les divinités. C'était en effet la victime la plus précieuse qu'on put immoler; de là vient que l'expression (3ou9utsTv s'applique parfois à des sacrifices d'une autre nature, dont on veut donner une haute idée 5.

Les conditions à remplir par les victimes variaient dans les divers pays, de même que les espèces parmi lesquelles on deviiil les choisir. Il y avait bien un principe général, à savoir que l'on ne pouvait offrir aux dieux que des animaux sains et irréprochables \ mais celle règle n'étail pas sans exceptions. Les Spartiates, par exemple, ne se faisaient pas scrupule de sacrifier îles victimes estropiées ou mal venues (àvàrrçpa) ; on pouvait aussi eu immoler de telles à Artémis d'Amarvnthos7. C'était seulement dans quelques cas déterminés qu'il était interdit d'immoler des animaux chaires. On ne pouvait même, en fait de mâles, en offrir d'autres aux divinités

1. Lucien, Dial. Verelricum, n°7; voy. aussi les notes du Scholiaste.

2. Par exemple à Athènes, 'tins la fête celé irée en souvenir <l ■ la bataille de Marathon; voy. plus bas, chap. 17.

:;. Voy. plus lias. chap. Il; mais voy. aussi Homère, Iliade, I. I. v. 11.

4. Cette conjecture repose uniquement sur une correction proposée à un passage d'Aristote {Morale à Nicomaque, I. V, c. 10 . qui d'ailleurs, même que la correction serait adoptée, ne serait pas encore une pn convaincante.

5. On lii p >!• exemple dans le Plutus d" Vristoph ine, v.820 : ?o-j9ur:ïv uv xai Tpâyov xai xpiôv.

C». Aristote, cité par Athénée, I. XV, c. loi p- 674 : oùosv xoXoîôy -■. , Doy i Ttpb; toù; 9îoi5:, v.// t. On [il aussi da i iption

mythique d'Andania, § M. v. Tt : V^^x xa'jzp-/ xx\ ôXôx

7, l'iainn, Alcibiadej II, p. Il'1 a; E lie n, de natura Lnimal., I. XII, c. 34; Callimaque cité par le Scholiaste d'Aristophane [les Oiseaux, v. 8î

souterraines '. - L'âge des animaux n'étail pas non jtlus indifférent; il existait, sur ce point, des prescriptions qui variaient, à vrai dire suivanl l<is lieux et les circonstances. Dans une inscription trouvée à Céos el malheureusemenl mutilée', il est question d'une fêle donl on ne peut lire le nom, où sont sacrifiés des bœufs et des brebis qui ont jeté toutes leurs dénis de lait, et des porcs qui n'ont pas plus d'un an et de quelques mois. Une autre inscription de Pergame, qui date de l'empire romain3, contient un oracle en vers relatif à un sacrifice dans lequel on a offert à Pallas une génisse de deux ans, à Zeus un taureau de trois ans. Des indications analogues sont fournies en ce qui concerne Bakchos et Asklépios. On ne saurait toutefois établir des règles absolues : le plus souvent, les victimes étaient adultes \ Homère mentionne des bœufs et des porcs de cinq ans et, dans un autre passage, une génisse d'un an, qui n'a pas encore subi le joug5. A Ténédos, on immolait en l'honneur de Dionysos nn veau nouveau-né6. Les habitants de Thèbes témoignaient leur vénération aux divinités souterraines, non pas en immolant, mais en précipitant dans une fosse de jeunes porcs 7. Les mêmes animaux, encore à la mamelle, étaient partout choisis pour les cérémonies expiatoires. Au contraire, d'après une loi athénienne, on ne pouvait sacrifier les agneaux avant qu'ils eussent été tondus, ni les brebis qui n'avaient pas encore mis bas 8. A Sicyone, on offrait aux Enménides des brebis pleines9.

Pour le choix des sexes, on doit admettre, comme règle générale, que l'on sacrifiait des mâles aux dieux, des femelles

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