‹ Antiquités grecquesChapitre 233 sur 567 · Pausanias, 1. II, c · texte numérisé non relu

Pausanias, 1. II, c

aux déesses ' ; mais cette règle non plus n'est pas absolue. A Aulis, par exemple, les prêtres d'Artémis n'avaient nul égard à la différence des sexes. Cette anomalie s'expliquait par une légende. Lorsque les Grecs, en route pour Troie, obtinrent enfin à Aulis des vents propices, ils sacrifièrent à Artémis, dans la précipitation du départ, les animaux qu'ils avaient sous la main, et depuis, toute victime fut réputée agréable à la déesse (Ziv.<.\j.oz) 2. La couleur avait aussi son importance. Dans l'Odyssée, on voue aux puissances souterraines des brebis noires 3 ; les Athéniens offraient un agneau noir aux divinités qui déchaînaient les orages et les tempêtes \ Des taureaux de même couleur sont immolés à Poséidon, dans Homère5; mais, d'après d'autres témoignages, le dieu de la mer accepte des bœufs roux et même des blancs 6. Il est clair d'ailleurs que pour des sacrifices accomplis dans les temples et dans des sanctuaires soumis à une direction sacerdotale, auxquels, par conséquent, assistait toujours un prêtre, ce personnage avait toujours le droit d'examiner les victimes et de rejeter celles qui n'étaient pas dans les conditions voulues. Pour les sacrifices privés au contraire, chacun était libre de faire ce que bon lui semblait; c'était affaire de conscience. Dans les localités assez nombreuses, où les victimes étaient prises parmi des troupeaux consacrés aux dieux, il était d'usage de les marquer d'un certain signe7. A Delphes, on s'assurait que

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