Thucydide, I. V, c
saut, non seulement à eux-mêmes, mais à leur postérité, des obligations que les circonstances pouvaient rendre insupportables ou impossibles1. Nous possédons cependant quelques traités conclus pour un temps indéfini ou du moins pour une période considérable. Le plus ancien dans ce genre est un contrat signé pour cent ans entre les Eléens et les habitants d'Hérseaen Arcadie 2. Pendant la guerre du Péloponèse, les Acarnaniens firent un traité de paix et d'alliance avec les Ambraciotes, pour le mèmelaps de temps 3. Une paix destinée à durer cinquante ans, que les Athéniens firent en 422 avec les Spartiates, en dura trois'' ; une autre, datant de 4oo, et qui devait se prolonguer trente ans, fut rompue en 431 parles événements qui éclatèrent dans cette année mémorable3. On a vu plus haut la clause par laquelle, en prévision des difficultés qui pouvaient surgir, on décidait qu'elles seraient aplanies par les voies judiciaires0. Les traités étaient sanctionnés par des serments solennels, accompagnés de sacrifices et de libations, d'où leur est venu le nom de crsrovoai7.. Le serment était prêté par des fonctionnaires et des magistrats spécialement au liai ses à cet etfet, et en plus ou moins grand nombre. D'ordinaire un Etat envoyait à l'autre des ambassadeurs chargés de recevoir son serment (épxwxaî) 8 ; il arriva aussi que des plénipotentiaires furent délégués pour aller remplir cette formalité, au nom de leurs concitoyens, devant l'assemblée populaire de la nation