‹ Antiquités grecquesChapitre 242 sur 567 · Voy. Preller, Mythol, t. I, p · texte numérisé non relu

Voy. Preller, Mythol, t. I, p

dieux. Les animaux qu'on leur consacrait comme leur étant particulièrement agréables étaient aussi ceux qu'on sacrifiait de préférence, soit qu'on les précipitât vivants au milieu des flots1, soit qu'on les brûlât, après les avoir immolés. D'ordinaire, dans les sacrifices honorifiques, les victimes étaient soumises entières à la crémation (è\c%<xwxtx, ôXéxauTa, SXoxao- T(.kaTa), mais quelquefois aussi on se proposait un but accessoire : Il y avait par exemple des cérémonies destinées à l'assainissement et à la purification, dans lesquelles il était procédé différemment; nous y reviendrons. D'un autre côté, la crémation intégrale s'appliquait même aux animaux susceptibles d'être servis dans les banquets des sacrifices, si quelque raison sérieuse ne permettait pas de partager avec les dieux. C'était en particulier le cas, lorsque l'hommage s'adressait aux divinités souterraines, qui, étrangères à la lumière et à la vie, ne pouvaient être les convives de l'homme. A elles seules appartenait l'animal que l'on immolait, l'existence à laquelle on mettait fin. C'est pour cette raison que le sang, réputé chez les anciens le siège de la vie2, était versé dans une fosse, pour s'écouler de là dans leur empire, après quoi le cadavre élail-coupê en morceaux et consumé sur l'autel, foyer du sacrifice, et les cendres étaient jetées dans la même fosse ou enfouies près de là3. On s'y prenait de la même manière dans les sacrifices funéraires, célébrés en l'honneur des héros ou de mânes moins illustres. Les ombres séjournant dans les régions infernales se sentaient réparées, lorsqu'un élément de vie leur était envoyé d'en haut ''. Pour elles aussi, on versait le sang dans une fosse, on dépeçait l'animal, on le brûlait et on enfouissait ses cendres. Les mots en usage pour désigner ces opérations sont èvxé^veiv et èvaytÇs-.v, èVro|Mc et harflaïuina*. Des his-

1. Des taureaux étaient précipités aussi dans le lac formé par la source rie Cyané, près de Syracuse.

2. On lit dans le Lévilique, c. 17, v. 11 : « Car la vie de la chair est dans If saiii:;. >> Voy. aussi Servius, ail .Eiiridrin, I. IX, v. 348.

3. Voy. Muller, dans ses Notes sur les Euménides d'Eschyle, p. 180.

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