Pausanias, 1. IX, c
peuplades, de sorte que l'on peut affirmer avec confiance que, dans les temps historiques on ne recourait guère aux sacrifices humains que par exception, lorsque les circonstances réclamaient des moyens plus énergiques de désarmer la colère céleste. C'est ainsi que, du vivant d'Epiménide, un athénien s'offrit en victime, pour acquitter la dette de sang' qu'avait contractée la ville1. Si, dans quelques pays, ces sacrifices existaient encore à l'état d'institution régulière, ils étaient tellement adoucis dans la pratique que leur nom avait cessé d'être exact. A Rhodes, par exemple, où dans une certaine fête un homme devait être sacrifié à Kronos, nom sous lequel il faut entendre le dieu phénicien Moloch, on choisissait un condamné qui, de toute façon, devait mourir; encore avait-on soin de l'enivrer, de façon à lui épargner, autant que possible, les angoisses de la mort2. La seule différence entre ces sacrifices et les exécutions ordinaires était que la mort du coupable ne servait pas seulement à expier son crime, etqu'il faisait en même temps, vis-à-vis de la divinité, l'office de bouc émissaire, chargé de payer pour ses concitoyens. Il est vraisemblable aussi, bien que les témoignages fassent défaut sur ce point, que, enArcadie, les adorateurs de Zeus Lykaios lui sacrifiaient plus volontiers des coupables que des innocents. Chez, Les Athéniens, pendant la fête des Thargélies, deux hommes étaient promenés dans la ville, à coups de baguettes de figuier et de scilles marines, avec accompagnement de prières et de chants expiatoires, jusqu'au lieu où ils étaient mis à mort. On brûlait leurs cudavres et on jetait leurs cendres à la mer, niais un ancien témoin déclare que l'on choisissait, à cet effet, des hommes perdus de crimes ou du moins à ce point dépravés qu'ils ne méritaient pas de vivre". De même, à Leucade, par obéissance à la loi religieuse qui, pour détourner la colère d'Apollon (àico-cpoTcîjç y/.p'.v), ordonnai! de précipiter tons les ans un homme