‹ Antiquités grecquesChapitre 253 sur 567 · Apulée, Apologie, p. 301, Altenburg · texte numérisé non relu

Apulée, Apologie, p. 301, Altenburg

5. Théophraste, Caractères, c. 16 ; voy. aussi les remarques de Casaubon, p. 147, éd. Ast.

0*. Caliimaque, Hymne à Dèlos, v. 321, avec les remarques de Spanheim ; Hésychius, aux mois Ar,Xou xaxo? pw[xô; ; cf. Meineke, dans le Philologus, t. XV, p. 539.

Pythagore recommande à ses disciples de prier à haute voix' ; mais telle n'était pas l'habitude. Ajax, lorsqu'il se prépare à combattre Hector, invile les Grecs à prier en silence (z's/zzhx'. z':;fti, pour que les Troyensne les entendent pas2. La raison, en ce cas, est facile à comprendre, mais il y en a d'autres, bonnes ou mauvaises, qui expliquent comment, en général, on préférait prier à voix basse. Il n'était pas non plus sans exemple qu'on présentât aux dieux des prières écrites. On se servait pour celade tablettes ou d'écriteaux que le suppliant déposait, revêtus de son sceau, dans les plis des vêtements du dieu ou qu'il fixait sur ses genoux avec de la cire3. Un dialogue platonicien nous édifie sur l'idée que se faisaient de la prière les grands esprits de la Grèce. Socrate y propose ce modèle : « Zeus, donne-nous les vrais biens, que nous les demandions ou que nous ne les demandions pas, et éloigne de nous les maux, quand même nous les demanderions''. » Pour son compte, Socrate priait les dieux de lui envoyer ce qu'ils savaient lui être bon, parce qu'ils connaissent mieux que nous ce qui nous convient1. La conviction que l'homme ne doit pas seulement diriger ses prières vers Les biens extérieurs ou remercier les dieux do les avoir obtenus, mais qu'il a besoin aussi de leur assistance pour devenir plus sage et meilleur, est souvent exprimée chez les philosophes grecs6, bien|que parfois, à vrai dire, des sentiments contraires se fassent jour. Comme il n'existait pas de religion officielle et généralement reconnue, mais seulement des opinions diverses et variables, chacun se plaçait, pour prier, au poinl de vue de ses croyances, et il n'est que trop certain que [le niveau de ces croyances était en moyenne fort peu élevé.

Les invocations et les prières qui accompagnaient les actes du culte étaient nombreuses et. très variées, surtout

1. Clément d'Alexandrie, Stromata, !. IV, c. 26, p. 641, ecl, Polter.

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