‹ Antiquités grecquesChapitre 256 sur 567 · Voy. Becker, CMHklès, t. II, p. -y · texte numérisé non relu

Voy. Becker, CMHklès, t. II, p. -y

7. Aristophane, Thesmophor., v. 1035; Euripide, A.lceste, v. 346.

8. Pollux, I. I, 38; voy. aussi 0, Muller, die Don'er, I. I, p. 373 369).

9. Athénée, I. XIV, c. 10, p. 619 ; Tzetzès, ad lycophrontem, \ Pollux, 1. IX. 123.

moins à l;i classe tics hymnes Liturgiques qu'à celle des poésies populaires que chacun chantait à l'occasion.

Nous ne sommes pas plus en mesure de donner des indications précises sur le contenu que sur la forme extérieure di! ces compositions, dont aucune ne nous est parvenue complète. Celles qui, ainsi que les chœurs, étaient destinées à exprimer et à répandre les pensées communes de La multitude en liesse devaient nécessairement se proposer de faire connaître le mieux possible le Dieu de qui l'on célébrait la fête, et pour cela, de mettre en relief ses attributions et ses faits et gestes, non pas seulement d'une manière générale, mais en entrant dans tous les détails; c'est aussi l'idée que nous en donne le peu qui en reste. L'auteur devait donc insister sur les légendes mythologiques, qu'il choisissait d'ailleurs suivant ses convenances, se donnant pour tâche de récréer et de charmer ses auditeurs plus encore que d'éveiller en eux des sentiments de piété, et appelant à son aide les ressources de la poésie et de la musique, de manière à faire surtout d'une solennité religieuse une jouissance des yeux et des oreilles. Nous ne pouvons rien dire de plus précis sur un genre de poésie dont nous ne possédons que des fragments épars. Les hymnes homériques, qui étaient des pièces de concours destinées à rehausser l'éclat des cérémonies religieuses beaucoup plus que des chants liturgiques, ne nous sont d'aucun secours Ml était d'usage, en effet, de joindre aux solennités du culte des combats gymniques et des concours qui, sans avoir avec ces fêtes de rapports directs, étaient 'supposés agréables aux dieux. Pour des raisons trop évidentes, il ne peut davantage être question ni des hymnes orphiques ni des hymnes de Callimaque 2. Le seul hymne vraiment religieux qui nous ait été intégralement conservé est celui que Cléanlhe

1. Ce caractère est facile à reconnaître au moins dans une partie des hymnes homériques ; voy. Hymne à Vénus, v. 19 ; Hymne n la Lune, v. 18 , Hymne au Soleil, v. 18.

2. L'hvpothèse de Bernhardy (Griech. Litteratur, t. II, 2 p. 636) que les hymnes de Callimaque auraient été composés pour les besoins du culte hellénique en Egypte, me parait complètement inadmissible. Sur l'utilité que pouvaient offrir les hymnes orphiques, pour les conjurations théurgiques, voy. plus bas, chap. xu.

a consacré à Zeus ; encore ne pouvons-nous le prendre comme matière à discussion, attendu que c'est une œuvre philosophique, composée à loisir et destinée à servir de modèle, non un chant qui ait pu réellement avoir place dans les cérémonies du culte. Parmi les chants liturgiques, il dut nécessairement s'en trouver qui, se dégageant des fables mythologiques1 et de leurs traditions peu édifiantes, tendaient à élever les âmes et aies unir dans un même sentiment de respect, par l'éloge des dieux, par le récit de leurs bienfaits et par de nobles pensées. D'admirables chœurs des poètes tragiques, en particulier d'Eschyle, autorisent cette conjecture : témoin ces paroles que l'auteur de Y Agamemnon met dans la bouche des vieillards : « Zeus, qui que (u sois, si ce nom t'agrée, c'est sous ce nom que je t'implore. J'ai beau réfléchir, et chercher de tous côtés, il n'est qu'un dieu qui puisse soulager l'homme du fardeau des vaines inquiétudes, c'est Zeus2. » De tels chants, empreints d'un sentiment si vrai et si intime, ne pouvaient être exclusivement renfermés dans le théâtre ; on devait en entendre de semblables dans les temples et au pied des autels. En lisant ce fragment de Terpandre 3 : « 0 Zeus, maître tout-puissant, toi qui gouvernes le monde, que ce chant te soit consacré, » il est bien permis de conjecturer que la suite répondait au début, et la perte de ces chants religieux est d'autant plus regrettable pour nous.

1. Deux "vers interpolés au début de la Théogonie d'Hésiode (v. 65-67) signalent vôjxoy; v.-ù rfizct -/.:3và àôavâiwv, comme des sujets cliers aux Muses ; il en est cependant fort peu parlé dans la Théogonie elle-même.

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