LES MALÉDICTIONS
prêtres do Zeus appartenant à la gens BouÇoyÉa ' mêlaient, en certaines occasions, à leurs prières des imprécations contre les malveillants qui refusaient de montrer son chemin à un homme égaré ou de donner du feu à qui n'en avait pas, contre ceux qui corrompaient les eaux, qui tuaient un bœuf de travail, ou qui laissaient un mort gisant sur terre, sans l'ensevelir*. D'après une disposition de Solon, l'archonte, probablement à son entrée en charge, maudissait, sous peine d'une amende de cent drachmes3, les violateurs de la loi qui interdisait l'exportation des produits indigènes autres que l'huile. Dans la prière que devait faire le héraut, au moment où l'assemblée du peuple entrait en séance, il y avait place aussi pour des imprécations contre les traîtres et les ennemis de la patrie, parmi lesquels, depuis la seconde guerre médique, on continua, jusqu'au temps où florissait Isocrate, de spécifier les dissidents qui avaient pris parti pour les Perses4. — Des exemples semblables nous sont fournis aussi par d'autres Etats. A Sparte, le possesseur d'un fonds de terre cultivé par des Hilotes, qui exigeait d'eux une redevance supérieure à celle qu'autorisaient les anciennes conventions, encourait la malédiction publique, comme aussi les citoyens qui empêchaient les rois en campagne de conduire leurs soldats où bon leur semblait '. Des inscriptions de Téos contiennent des imprécations contre ceux qui n'obéissaient pas à l'autorité représentée par les iEsymnètes, et contre les yEsymnètcs qui avaient appliqué injustement la peine de mort. D'après d'autres inscriptions, le même traitement était réservé aux violateurs des règlements institués dans certaines fêtes solennelles. La formule était celle-ci : Malheur à l'homme qui a fait telle chose, ou qui eu
1. Des prêtres de Zeus appartenant à cette gens sont mentionnés dans plusieurs inscriptions ; voy. Corpus lnscript, graec, t. 1, p. Î73 ; 'Eiprjtwp. àpyaioX., 1862, p. 159 et 161 ; on pourrait citer d'autres exemples encore.
2. Diphilus, cité par Athénée, 1. VI, c. 35, p. 238; Schol. de Soplnnde, A.ntigone, v. 255; Cicéron, de Oflkiis, I. III, c. 13 ; s. Petit, Leges atticœ, p. 678; cf. Valckenaer, dans ses Notes sur Hérodote, 1. VII, c. 231.