‹ Antiquités grecquesChapitre 261 sur 567 · Médée, v · texte numérisé non relu

Médée, v

Le choix des dieux à invoquer dans les serments dépendait naturellement des circonstances. On adjurait de préférence ceux que devait intéresser davantage l'objet du serment; mais, parfois aussi, on s'adressait aux dieux en général, sans mentionner en particulier tel ou tel i ; souvent même, après en avoir énoncé plusieurs, on concluait en leur adjoignant, sans autre désignation, tous les dieux et toutes les déesses 2. En beaucoup de pays, la tradition ou la loi voulait que l'on prit à témoin des serments solennels trois divinités qui n'étaient pas toujours les mêmes. Les Héliastes d'Athènes, en prêtant serment comme juges, invoquaient Apollon Patroos, Déméter et Zeus3. Solon avait ordonné de jurer par Ilikesios, Katharsios et Exakasterios '. Ces noms ne désignent certainement pas trois divinités différentes ; ce ne sont que trois surnoms d'un Zeus unique. Le serment dont il s'agit était prêté par les accusés dans les affaires de meurtre non prémédité, qui laissaient place à la purification et à la réconciliation. Devant les tribunaux criminels établis sur l'Aréopage, on prenait à témoin, conjointement avec d'autres dieux, les vénérables déesses ou Euménides \ Des serments comprenant plus de trois dieux étaient aussi prescrits légalement, par exemple, lorsque les éphèbes arrivaient à l'Age de porter les armes0; on n'invoquait pas,

1. Un grand nombre d'exemples ont été recueillis par Lasaulx; voy. sa dissertation, ueber den Eid, dans ses Studien des class. Altcrth., p. 179, n. 3.

2. Corpus Inscript. grœc, n° 2555 : ôavjo tùv 'Eartav •«•. Zâva $pârpiov ■/.y.': Zâva Atxtaîov xat "Hpav xoù 'AOavat'av 'QXspéav xaV 'AOavatav [IoXiâSa v.\\

Aôavatav 2aX[itovîav xoù 'AnôXXwva Ilûôtovxa'i Axtm xai "ApTefiiv xa\vApeaxa\ NOjiçaç xat toç FWpêavtaç xa\ 6eb; rcâvTaç y+\ r.-xnt^. Cf. ibid., n" 3137, et Rangabé, Antiquit. hellen,, t. II, n» 1029. 11 est à remarquer, ainsi que le fait observer Preuner, p. 13, que dans tous ces serments, comme dans celui que prononçaient les éphèbes de Dréros et dont il sera question plus loin,. Ilestia occupe toujours la première place.

3. Pollux, Onomast., L VIII, 122; Scholiaste d'iEschine, c. Timarqve, § 1 14, p. 22, édit. de Zurich. Il n'y a aucun compte à l'aire de la formule insérée dans le discours de Démosthène contre Timocrate, p. 7l(i, où Poséidon est nommé à la place d'Apollon, attendu qu'elle esl très certainement interpolée. Vov. d'ailleurs, sur la confusion des deux noms, Meineke, dans le Philologus, i. XV, p. 139.

i. I ("marque, c. Démosthène, g Ï7.

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