‹ Antiquités grecquesChapitre 262 sur 567 · Pollux, 1. VI · texte numérisé non relu

Pollux, 1. VI

6, Voy. Sch ann, Antiq. grecques, t. I, p. 4i2.

X\2 ANTIQUITÉS RELIGIEDSES

dans celle circonstance moins de six ou sept divinités, suivanl que l'un prenait Enyaliôs pour un dieu distinct; ce qui est la véritable interprétation, ou que l'on voyait seulement dans ce nom un surnom d'Ares. Chez les Béotiens, on appelait aussi, à l'appui de certains serments solennels, trois déesses désignées sous le nom collectif de Praxidikœ qui, du moins d'après quelques exégètes, n'étaient pas au nombre des divinités placées dans l'Olympe par la tradition mythologique, et appartenaient en propre à la religion populaire des Béotiens. Elles portaient individuellement le nom de Thelxinia, Alalkomenia et Aulis ; on les disait filles d'Ogygès '.

Les serments mêlés aux accidents de la vie quotidienne, c'est-à-dire étrangers aux débats judiciaires et à tous les actes publics, n'étaient naturellement astreints à aucune prescription, mais cela n'empêchait pas que certaines formules traditionnelles ne fussent particulièrement en usage ; ainsi, l'on jurait par le Ciel, par Zeus, par Héraclès. Les Thébains prenaient aussi à témoin de leurs serments, lolaos, les Mégariens Diodes 2. On pourrait encore citer d'autres exemples de ces coutumes locales. La teneur des serments variait aussi, suivant qu'ils étaient prononcés par des hommes ou par des femmes. Les femmes seules, chez les Athéniens, avaient coutume de jurer par les deux déesses, \j.x to> ôsw 3, c'est-à-dire par Proserpine et Kora. Des personnes scrupuleuses préféraient s'abstenir de ces formules, dans la pensée qu'il ne fallait pas attester en vain le nom des dieux. Lorsque Socrate, Zenon et d'autres juraient par le chien, par l'oie, par le platane ou par des termes équivalents, ils se donnaient l^tir de prononcer un serment, ils n'en prononçaient pas en réalité, et ne faisaient que donner un peu plus de force à leur discours, comme ils auraient pu le faire aussi bien, en ajoutant les mots : sincèrement, sur ma foi, ou d'autres semblables*. Ceux qui pensent que Socrate se

1. Dionysius Chalcidensis, cité par Photius et Suidas, s. v. TtpaStSHtt) ; Pausanias, I. IX, c. 33, § 2.

Page 1