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Dion Cassius! I. XU, c. i

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pour se passer de commentaires. La pénétration humaine s'exerce à deviner ces énigmes, el le meilleur dans le conseil est aussi le plus sûr interprète de la volonté divine, suivaul une pensée d'Euripide qui peut s'appliquer ;i diverses espèces de M antique, mais surtout à colle que l'on appelle proprement Tératoscopie1. Le devin est sans contredit de bonne foi el rencontre les mêmes dispositions dans Je peuple. Il faut bien que l'effet réponde parfois à ses paroles ; mais si souvent aussi le contraire arrive, le besoin de croire est tel que ces démentis passent inaperçus, ou que Ton trouve des expédients pour les expliquer, de manière que le devin ne perde rien de son crédit. Ce don de l'intelligence, qui permet de donner aux phénomènes une interprétation acceptée par la foule, est considéré d'ailleurs comme une faveur céleste. Le devin reconnaît lui-même qu'il n'agit pas par sa propre force, et qu'il est inspiré des dieux, -de même que le poète fait honneur à la muse de l'art avec lequel il sait mettre en œuvre les antiques légendes et en composer des poèmes, de même encore que toute supériorité intellectuelle ou physique était pour les anciens une marque de la protection divine. Mais de ce qui, -dans le principe, était l'effet d'un heureux génie, se forma peu à peu une doctrine traditionnelle. Certains signes prirent un sens qui se transmit de génération en génération, et ainsi fut constituée une méthode tératologique qui cependant, attendu que les signes ne pouvaient toujours se reproduire identiques dans les mêmes circonstances, laissait encore un champ libre à la perspicacité personnelle 2.

Parmi. les accidents merveilleux qui se prêtaient aux combinaisons des devins, nous en choisirons quelques-uns, afin de faire mieux ressortir ce qui précède. Les phénomènes météorologiques, dont les rares apparitions frappaient vivement ceux qui en étaient témoins, semblaient surtout propres à révéler l'avenir. La victoire des Thébains fut annoncée auxSpar-

i. M<Jvtiç 8'apto-Toç 8<m; eîxâÇet xaXwç, passage cité par Piutarque, de defectu OracuL, c. 40.

2. Cieéron, de Divinatione, 1. I, c. 18 : « Novas res conjectura perse - "(uuntur, veteres observatione didicerunt. •>

tiates par une comète ayant la forme d'une poutre enflammée ' . Une pierre météorique, qui était tombée du ciel près dVEgospotamoi, peu de temps avant la défaite des Athéniens, fut considérée comme l'annonce de cet événement 2. Les éclipses de soleil préparaient les esprits à la guerre, aux luttes intestines, aux mauvaises récoltes ou autres calamités publiques3. Une éclipse de lune détermina Nicias à différer son retour de Syracuse, qui eut pu alors le sauver '. Un tremblement de terre qui, peu avant la guerre du Péloponèse, ébranla File de Délos, où rien de semblable n'était encore arrivé, fut pris pour un pronostic des événements postérieurs5. Lorsque, dans la maison de campagne de Périclès, une corne unique poussa au milieu du front d'un bélier, le devin Lampon interpréta ce signe en disant que Périclès serait un jour seul à la tête de l'Etat6. A Pédasos, près d'Halicarnasse, il vint de la barbe à une prêtresse d'Athêna ; on en conclut que la ville était menacée d'une calamité, et, à cette occasion, Hérodote assure que le même prodige se renouvela plusieurs fois, et qu'il ne fut jamais trompeur7. Des poissons salés, que faisait griller l'un des gardiens chargés de veiller sur le général perse Artayktès, remuaient sur le feu comme s'ils avaient été vivants ; Artayktès en inféra que le héros Protésilas, dont il avait jadis dépouillé le sanctuaire, revenait à la vie pour se venger 8. La transpiration de la sueur ou du sang, que l'on a cru observer depuis sur les statues des Saints et de la Vierge, était, dans l'antiquité, connue des devins, et n'annonçait rien de bon0. Ce fut aussi un présage funeste, lorsque, à Delphes, une statue dorée de Pallas fut becquetée par des oiseaux qui

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