Odyssée, I. VI, v
8. Iliade, 1. XXIII, v. 65. La limite de temps qui ne devait pas être dépassée avant les obsèques est en rapport avec les idées homériques sur l'état des âmes dans le royaume d'Hadès; voy. le premier volume de cet
LA DIVINATION 36o
ces imaginations en cours aux temps homériques se conservent plus lard dans les croyances populaires, et les révélations par les rêves continuent à se reproduire de plus d'une manière : tantôt un fantôme s'adresse à l'homme plongé dans le sommeil et lui dit ce qu'il veut lui faire savoir, tantôt les événements se déroulent dans le rêve, tels qu'ils doivent s'accomplir plus tard ou s'annoncent par des allusions symboliques. Pénélope songe qu'un aigle a mis à mort toutes les oies qui peuplent sa basse-cour, et bien que l'aigle ait pris soin de déclarer qu'il n'est autre qu'Ulysse et que les oies figurent les Prétendants, cette princesse, dès qu'elle est éveillée, ne juge pas inutile de demandera un homme sage ce qu'il en pense1. Les songes qui s'expliquaient d'eux-mêmes tant bien que mal étaient nécessairement rares ; il fallait donc bien recourir à des interprètes. C'est ainsi que Cimon ayant rêvé qu'une lice aboyait après lui et lui disait d'une voix humaine : « Tu deviendras mon ami et celui de mes petits », interrogea son devin et en obtint pour réponse que c'était un présage de mort prochaine, attendu qu'un chien se montre l'ennemi de l'homme contre lequel il aboie, et que ce qu'on peut faire de mieux pour un ennemi, c'est de mourir 2. Quand Socrate, après sa condamnation, entendit en songe une femme lui adresser ce vers d'Homère : « Tu verras dans trois jours les fertiles campagnes de Phthie, » il en conclut de lui-même qu'il n'avait plus que trois jours à vivre3. La mère de Phalaris rêva qu'une statue d'Hermès laissait tomber du sang- de la coupe qu'elle tenait à la main et que la maison avait fini par en être inondée ; on reconnut plus tard que ce pronostic annonçait le règne sanglant de son fils \ L'interprétation des songes, aussi bien que celle des prodiges, exigeait un esprit pénétrant; on croyail cependant que certaines règles fournies par l'expérience pououvrage, p. 75 et 70. Aussi les écrivains postérieurs, dont les idées étaient différentes, n'ont-ils pas admis cette limite; voy. Welcker, Gœtterlehre, t. I, p. 807 et 808.