‹ Antiquités grecquesChapitre 294 sur 567 · Cicéron, de Divinathmc, I. I, c · texte numérisé non relu

Cicéron, de Divinathmc, I. I, c

vaient servir de lil conducteur, el ainsi l'Onéiromantie devint un ai't comme la Tératologie. Même dans le Livre des Songes attribué à Hippocrate, on trouve <;â el la quelques préceptes sur les conséquences à tirer de telle ou telle vision '. Mais !•' premier traité spécial sur la matière, dont nous ayons connaissance, est l'œuvre d'un certain Anliphon, contemporain de Socrate \ Vers le même temps, un petit-lils d'Aristide, Lysirnaque, composait un tableau, xtvdbuov oveipoxpixwév, à l'aide duquel il expliquait les songes, moyennant salaire3. Plus tard, on vit éclore divers ouvrages sur le même sujet, dont un, qui date des règnes d'Adrien et des Anlonins, nous a été conservé sous le nom d'Artémidore *.

De même que l'on croyait voir dans lejs songes les inspirations d'êtres supérieurs ou les effets d'une surexcitation de l'Ame, on fut amené à penser que des hommes privilégiés pouvaient posséder le don de double vue à l'état de veille et démêler le sens des choses cachées, d'une manière plus ou moins claire et précise. De tout temps et partout il a existé des visionnaires qui voyaient ou entendaient avec les yeux ou les oreilles de l'esprit ce qui ne tombe pas sous les sens dans les circonstances ordinaires. Ils paraissaient devoir leur lucidité, tantôt à l'énergie de l'âme délivrée de ses entraves et passée à l'état extatique, tantôt à l'action de puissances surhumaines. Il en fut ainsi en Grèce, et ce mode de divination, qui était, en effet, la Mantique par excellence, y fut toujours prisé plus haut que l'Oionistique et la Hiéroscopie5. La source d'où émanaient la plupart de ces inspirations, sinon toutes, était Apollon, le dieu de la lumière, qui éclairait aussi les âmes6. Il ne présidait pas seulement aux oracles de Delphes et d'autres sanctuaires, où les prophéties étaient un effet de

t. De Insonmiis, c. 4 et suiv. , p. 635.

2. Le temps où vécut Anliphon est indiqué par Diogène Laërle, 1. II, c. 46 ; voy. aussi Hermogène, Ttsp\ îôewv, 1. Il, c. 11, p. 387, éd. Walz.

Page 1