Hérodote, I. VIII, c
3. Plutarque, Agésîlas, c. 3 : Xénophon, Hellen., I. lit, c, 3, § :;.
4. Schol. d'Aristophane, les Oiseaux, v. 988 : les Chevaliers, v. 1085 les Guêpes, v. 380.
5. Voy. par exemple Hérodote, I. VII, c. L42 et 143, On trouvera des exemples de ces oracles ;iml>i^iis dans le même historien, I. I, c. 55; I. III, c 57 ; I. VI, c. 97. et I. VIII, c. 20.
6. Les Oiseaux, \. 960 <-t suis-. ; lu Paix, v. 1045 el sui\ . ; les < ' liers, v. '.>:<> et 1006.
T. Voy. Schœmann, Antiq. grecques, i. I, p. 196 el 197. La première
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provoquèrent partoul des efforts en vue d'obtenir des constitutions civiles moins imparfaites firenl souhaiter .mssi. en matière religieuse, une intervention plus effective de laProvidence dans les choses humaines. Le même besoin de noire, qui permil ;i un bpiménide de gagner de la considération cl de l'influence avec son système sévère de purifications el d'expiations, prépara aux prédictions des Chresmologues un auditoire complaisant, en même temps qu'elle assurait aux sanctuaires des oracles une action plus réelle et plus dominatrice. Parmi les écrivains classiques de la Grèce, il n'en est pas qui pousse la crédulité plus loin qu'Hérodote. Tous ses récits semblent avoir pour objet de prêcher le respect des oracles et des prophéties; il peut, en fait de tendances superstitieuses, être comparé aux historiens juifs. Xénophon aussi est crédule; non seulement il accomplit scrupuleusement en campagne les pratiques de la Hiéroscopie, mais il ne perd pas une occasion de raconter ses rêves, pour peu qu'ils offrent d'intérêt. A l'extrémité opposée se place Thucydide, l'esprit le plus indépendant, l'historien le plus ami de la vérité que l'antiquité ait produit. La même opposition qui existe entre Thucydide et Hérodote se retrouvait dans la foule avec des nuances diverses. Il y avait des croyants superstitieux et des croyants éclairés; il y avait aussi des contempteurs de toute croyance religieuse par légèreté ou par passion. La plupart des Chresmolog-ues ne pouvaient d'ailleurs prétendre à l'estime des hommes judicieux. Beaucoup ne croyaient pas euxmêmes à la prétendue science qu'ils professaient, et abusaient de la crédulité populaire, pour rançonner ceux qui prêtaient l'oreille à leurs discours, car leurs prédictions étaient loin d'être gratuites : « La race des devins, dit Sophocle, est toujours amoureuse de l'argent' . » ^Eschyle parle de prophètes menteurs qui implorent la pitié de porte en porte, sous prétexte
mention des Sibylles se trouve dans un passage d'Heraclite, cité par Plutarque, de Pythiœ Oraculis, c. 6. L'idée qu'elles représentent parait être originaire de l'Asie-Mineure ; voy. Preller, Griech. Mythol, t. I, p. 175 et suiv. ; Duncker, Gesch. des Alterfh., t. III, p. 190. 1 . Antigone, v. 1036 (1055).
de débiter leur marchandise *. Enfin, il est question dans Hérodote de gens qui voyageaient au loin et s'étaient fait de l'art de prédire l'avenir une industrie lucrative2, se ravalant ainsi au rang des mendiants qui expliquaient les revis moyennant deux oboles3, et des personnages de même volée, que nous avons mentionnés ci-dessus. A ces faiseurs de dupes nous devons encore en adjoindre d'autres, doués au moins d'une aptitude qu'il n'est pas donné à tout le monde d'acquérir, je veux parler des Ventriloques ('Efyoujxplpuftoi). Un de ces bateleurs nommé Euryclès, qui exerçait son industrie à Athènes au temps d'Aristophane, persuadait aux badauds qu'un être surnaturel parlait en lui, sans que lui-même eût la peine d'ouvrir la bouche4, d'où vint que, par la suite, on donna à ses imitateurs le nom d'Eu puxXeiç ou d'EopuxXefôat ; plus tard, ils s'appelèrent aussi ITuôwveç, par allusion au démon qui s'agitait au dedans d'eux 5.
Quel que fût le discrédit où étaient justement tombés les charlatans, la foi générale en une divination digne de ce nom n'en fut pas ébranlée. Non seulement les sanctuaires des oracles, et avant tout celui de Delphes, ne perdirent rien dans l'estime publique et continuèrent à être consultés tant par les États que par les particuliers, mais on eut toujours recours, pour les affaires privées et pour les affaires publiques, à la Hiéroscopie et aux autres modes d'interprétation. On a vu plus haut que jamais une armée n'entrait en campagne sans emmener quelques devins de Tordre des Hiéroscopoi, pour assister les généraux dans les cérémonies religieuses. Tantôt le devin est seul, tantôt il y en a plusieurs; quelquefois ils accomplissent eux-mêmes le sacrifice, quelquefois aussi ils se bornent à étudier, suivant les règles de l'art, les signes de la volonté divine que présentent les sacrifices offerts par les