‹ Antiquités grecquesChapitre 300 sur 567 · Plutarque, de defectu Oracul., c · texte numérisé non relu

Plutarque, de defectu Oracul., c

chefs1. A Sparte, des devins faisaient toujours partie de la %à,\>.Qdcc, c'est-à-dire de la suite des rois entretenue aux Frais du public8. L'jnsloire de l'éléen Tisaménos, à qui les Spartiates accordèrent, non seulemenl pour lui mais pour son frère, le droil de cité dont aucun étranger n'avait jamais joui, disait-on, atteste le prix qu'ils attachaient à posséder quelque devin célèbre". Une statue fut élevée à Delphes, dans le sanctuaire du Dieu-prophète, en l'honneur du devin Abas, qui se tenait aux côtés de Lysandre, à la bataille d'iEgospotamoi*. Souvent, si ce n'est habituellement, des devins prenaient part aux délibérations de la Gérousia3. Chez les Athéniens, nous trouvons le collège des trois Exégètes dont, malgré l'absence de témoignages formels, on peut affirmer qu'ils étaient consultés par TEtat, aussi bien que par les particuliers, sur la portée des prodiges et sur le sens souvent obscur des oracles0. De ce collège faisait sans doute partie Lampon, qui obtint la faveur d'être nourri dans le prytanée et figure parmi les dix commissaires à qui l'on demanda conseil pour la fondation de Thurii7. Il n'existe, d'ailleurs, aucune trace certaine d'interprètes des signes, revêtus chez les Athéniens d'un caractère officiel. La Mantique était exercée librement, à leurs risques et périls, par tous ceux qui en connaissaient les secrets et qui inspiraient confiance au public, comme cela se pratiquait déjà au temps d'Homère8. Il est question dans Isocrate d'un personnage à qui un devin de ses amis avait transmis, avec ses livres, les préceptes de son art, et qui avait fait en voyageant de fort bonnes affaires0. Cette industrie était si lucrative que

1. Xénophon, Anabase, 1. IV, c. 3, §18; I. V, c. 3, § 2 ; 1. VI, c. 2, S 13, et c. 3, § 1. Cf. Polyen, 1. IV, c. 20, où l'on peut voir un exemple de la façon dont on faisait naître les signes désirés, et Plutarque, qui cite un trait tout pareil. (Apophtegm. lacon., Agésilas, n° 77.)

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