‹ Antiquités grecquesChapitre 313 sur 567 · Voy. Schœmann, Antiq. grecques, t. II, p · texte numérisé non relu

Voy. Schœmann, Antiq. grecques, t. II, p

constances et les variations do l'esprit public \ Il se tut sous le règne de Néron, à la suite des fureurs auxquelles ce prince se livra contre Apollon, soit parce qu'il en avait reçu des réponses qui n'étaient pas de son goût, soit pour quelque autre cause. Toujours est-il que Néron fît égorger des hommes au-dessus du gouffre sacré, qui reçut leur sang- et peut-être leurs cadavres2. Plus tard l'oracle rentra en fonctions, et l'on a la preuve qu'il subsista jusque sous le règne de Constantin 3.

Parmi les autres oracles qui se recommandaient du nom d'Apollon, l'oracle de Didyme, près de Milet, auquel était préposée la race des Branchides, est celui qui rivalisa le mieux avec l'oracle de Delphes. Les Branchides tenaient leur nom d'un personnage mythologique, Branchos, favori d'Apollon, que ce dieu avait lui-même institué prophète, en lui conférant la couronne et le sceptre. Les diverses fables mises en circulation sur Branchos et sur ses auteurs, tout en témoignant d'un effort pour établir un lien généalogique entre l'oracle de Delphes et celui de Didyme, prouvent que le second n'était pas, à proprement parler, d'origine grecque, mais carienne '. Un dieu, dans lequel les Grecs retrouvaient leur Apollon, était adoré sur les côtes de l' Asie-Mineure, longtemps avant que la Grèce eût envoyé dans ces contrées des colonies ioniennes, éoliennes, doriennes, et, comme d'ailleurs les Grecs avaient cette tendance, d'accord avec les principes du polythéisme, de reconnaître et d'accueillir toutes les divinités qui n'étaient pas essentiellement différentes des leurs, il leur sembla naturel de s'approprier le dieu des Branchides et son

1. On peut, sur ces questions, lire avec profit, dans le Philologns,t, X. I. un mémoire de A. Schoell, Herodots Entioickclung undsein Beruf.

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