‹ Antiquités grecquesChapitre 323 sur 567 · Hésychius, s. v · texte numérisé non relu

Hésychius, s. v

4. Hérodote (1. II, c. 57) donne une explication un peu différente : suivant lui, ces prêtresses étaient originaires d'Egypte et auraient reçu le nom de Colombes, parce qu'on avait cru trouver de la ressemblance entre leur langage étranger et le roucoulement de ces oiseaux; il n'a pas entendu dire que les colombes fussent des oiseaux fatidiques. Stein, dans son Commentaire sur Hérodote, est d'avis que ce nom, appliqué aux prêtresses, n'a eu, à l'origine, qu'un sens symbolique, comme ailleurs celui de \ik\i<i<j<xi, et que la légende s'est formée plus tard.

5. Il est clair que le vers 172 des Trachiniennes de Sophocle n'a rien à voir ici. Le poète rappelle l'oracle tel qu'il a dû être dans une liante antiquité, d'après la croyance dominante; il en est de même d'un passage de Pausanias (1. VII, c. 21, §2), quoique le mot itéXeiai y désigne réellement des colombes, ainsi que le déclare Welcker [ibid., t. I, p. 358), car l'événement dont parle Pausanias est aussi du domaine de la mythologie, [tjôo-

d'après laquelle les femmes qui, du vivant d'IIérodole. étaient au nombre de trois1, auraient succédé aux hommes, seuls investis à l'origine des fonctions de prophètes2, est aussi pour moi fort douteuse. Elle n'a d'autre fondement que le passage d'Homère où il est question des Selles ; mais quand même il serait prouvé qu'il y eût eu jadis à Dodone des hypophètes mâles, il n'en résulterait nullement que les femmes eussent été exclues de ce sacerdoce. Elles pouvaient, aussi bien que les prophètes de Delphes, transmettre aux intéressés les oracles rendus par la prêtresse. Plus tard, lorsque la présence des femmes ne peut plus être contestée, il n'est pas douteux qu'il n'y eût encore auprès d'elles des hommes faisant l'office de devins, et nous savons par Ephore3 que, d'après une ancienne coutume, lorsque des Béotiens interrogeaient l'oracle, des hommes devaient seuls leur répondre, règle qui, selon l'usage en pareil cas, fut justifiée plus tard par une légende. Pour comprendre les signes que le dieu donnait par le murmure du Chêne sacré, il était besoin d'un don spécial, d'un esprit ouvert aux révélations divines. Cela résulte clairement de ce fait que les Péléiadesde Dodone sont assimilées aux Sibylles et à la Pythie delphique'. Ainsi, l'oracle de Dodone prédisait bien l'avenir parles signes, comme cela est dit formellement3, mais il se distinguait des autres oracles de même nature, en ce que ces signes ne pouvaient être interprétés qu'en vertu d'une inspiration divine. Pour amener cet état, certaines préparations sans doute étaient nécessaires ; toutefois ici les renseignements nous manquent.

XoYoupLevov , Enfin, si Philostrale {Imagines, I. III, c. 33) parle d'une colombe, et si les médailles représentent cet oiseau perché sur un chêne, personne ne peut voir là un témoignage applicable aux temps historiques. Voy. H. F. Perthes, die Peleiaden zu Dodona, Moers, 1869, p. 33.

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