Diodore, 1. XV, c
U)H ANTIQUITÉS RELIGII DSES
jilus généralement un personnage quelconque, imbu des idées qui s'&taienl déjà fait jour de son lemps, ;iii pu ajouterfoi à l'oracle, mais la foule étail superstitieuse, el Trophonius élail toujours en crédil auprès d'elle. Au lemps de Plutarque, ions
les autres oracles de la Béotie, qui en possédail tant autrefois, étaient devenus muets. Seul Trophonius élail encore consulté, et il en fut ainsi jusqu'à TerCullien1. Peut-être même la ville de Lébadée dut-elle à l'oracle, dont elle était proche, de compter plus lard parmi les localités les plus irnpor- , tantes de la Béotie et d'étendre son nom, d'abord à la contrée puis finalement à toute la Grèce centrale (Livadia).
La troisième classe d'oracles comprenait ceux qui exerçaient la divination par les morts, en d'autres termes, qui évoquaient les ombres, pour en obtenir la connaissance de l'avenir (vexpc^avcsîa, 'Ijyyyrr.iVx ou <b'r/z-z\)-v.z) . Xous avons déjà vu, dans l'Odyssée, trace de ces opérations magiques1. Ulysse, à l'entrée de l'empire des morts, appelle, au milieu des sacrifices et des libations, l'ânie de Tirésias, pour apprendre de lui les secrets du destin. Nous savons, en outre, nue Tirésias avait eu déjà autrefois un oracle en Béotie, probablement dans le voisinage dTIaliarte, près de la fontaine Tilphusa, où il était mort, disait-on, et où l'on montrait encore son tombeau à Pausanias 3. L'oracle alors avait perdu la parole, ce que Plutarque attribue à la disparition des vapeurs miraculeuses qui s'exhalaient autrefois du sol*, d'où il résulterait que ceux qui le consultaient étaient dupes d'hallucinations que les physiologistes expliquaient par des émanations souterraines, et les croyants par les suggestions de Tirésias. Il est vraisemblable que cet état pathologique
1. Plutarque, de defectu Oraculorum, c. 5; Tertullien, de Anima, c. -i(3; voy. aussi YVolff, de noviss. Oracul. aetate, p. 17.
2. Voy. Schœmann, Antiquités grecques, 1. 1, p. 75. Du reste Ulysse était lui-même honoré chez les Eurytanes, en Étolie, comme un héros rendant des oracles. L'existence en ce lieu d'un fxavûîïov '05-jaaiw; avait pour garants Aristole et Nicander, au rapport de Tzetzôs, dans ses scholies sur Lycophron, v. 790.