‹ Antiquités grecquesChapitre 340 sur 567 · Œdipe-Roi, v · texte numérisé non relu

Œdipe-Roi, v

2. C'est l'avis de BuUmann (Muséum fur die A.lterthumsw., t. 11, 1. p. 'i7), mais je dois dire, que ce n'est pas celui de Potl (Etymohg. Forschungen, t. I, p. 172 de la lpo édit.), ni de Pictel [Kùhn's Zeitung, t. Y, p. H), qui tous deux remontent au mot sanscrit maiïj, purificare.

3. On lit dans /Eschyle (les Perses, v. 670) : ^'j^aytafoXi ôpOiiÇovTeç y^'C* Voy. aussi Eustathe, ad lliad., 1. VI, v. 373 et 1. XVIII, v. 352.

'.. Platon, la République, I. Il, p. 364 D; tes Lois, I. \. p. 909 etl. XI, p. 933.

5. Diogène Laerte, I. VIII, e. 59 et 60; voy. aussi Sturz dans son édition d Empédocle, p. 35 et suiv.

6. Pline, Hist. natur., 1. XXVIII, c. 19 et I. XXX. e. 2. On trouvera des détails sur ce personnage dans la Bibliothèque grecque de Fubricius, t. I, c. 14, s! t, éd. Harless, el dans Schmieder, Gesch, der kkhemie, p. 37.

il i AM [QUI l ES RELIGIE1 SES

pour avoir misa profil des livres attribués à Dardanus, qu'il aurai! découverts dans le tombeau de ce personnage mythologique, cl m avoir fait lui-même, d'où l'on doil conclure qu'il existait en effel des compositions de ce genre, œuvres

de faussaires mises par eux sur le compte Je Démocrile'. Ou voil que les Grecs eux-mêmes considéraient la magie comme un produit exotique. Les sorciers, en effet, s'adressaient de préférence aux dieux étrangers2 ou aux esprits intermédiaires qui pullulaient, sans qu'on put les distinguer par leurs noms, les uns bons, les autres mauvais, ainsi qu'Empédocle, à ce qu'on rapporte, en lit le premier la remarque'. Parmi les divinités nationales, il en est une cependant, Hécate, qui devint avec le temps la déesse des sortilèges et obtint, en raison du rang qu'elle occupait chez les morts, une puissance magique qui n'entrait pas dans les attributs des dieux de l'Olympe. Elle apparaît pour la première fois dans la Théogonie d'Hésiode, mais elle n'y tient pas encore la place qui lui sera dévolue plus tard. Elle est la fille de Perses et d'Astéria, deux divinités de l'ancienne race titanique, dans lesquelles paraissent avoir été personnifiées les forces qui déterminent le cours des astres et le mouvement de translation du ciel. Hécate elle-même représente la force divine, à l'aide de laquelle les habitants du ciel agissent de loin (sxccSev), sans rapprochement matériel. C'est pourquoi il est dit qu'elle participe au gouvernement des dieux dans le ciel, sur la terre et dans la mer ; pourquoi aussi on a soin, en priant, de ne pas l'oublier. Plus tard, sa physionomie est tout autre: tantôt elle se confond avec Perséphone, souveraine du royaume souterrain, ou lui est associée ; tantôt elle devient la déesse de la lune et se confond avec Àrtémis, adorée en cette qualité. Par-

1. Pline, Hist. natur.,ibid.; mais voy. aussi Aulu-Gelle (Noctes attiex,l.X, c. 12), qui s'étonne avec raison que Pline ait pu se laisser tromper par ces impostures.

2. C'est pour cela que les conjurations étaient conçues d'ordinaire en termes barbares et inintelligibles ; voy. Plutarque, de Superslit, c. 3. Ovide a dit {Mctam., I. XIV, v. 366) : « Ignotos que deos ignoto carminé adorât. »

3. Plutarque, de defectu Oracul., c. t7 •. Apulée, deMagia, c. 43.

CONJURATIONS ET SORTILÈGES i 1 S

fois enfin, elle s'identifie avec des divinités étrangères offrant des ressemblances soit avec elle-même, soit avec Artémis'. Les traces de sorcellerie que l'on trouve dans Homère se réduisent à peu de chose, et les pratiques de ce genre auxquelles se livrent ses héros, ont un caractère très innocent. Us se contentent d'arrêter le sang et de guérir les blessures à l'aide d'incantations (ï-y.z'.îx.). C'est le mode de traitement qu'Asclépios lui-même applique aux blessures et en général aux affections douloureuses2; sans doute, il reposait sur la croyance que les dieux bienfaisants communiquent à certains mots et à certaines formules une puissance mystérieuse dont les hommes pouvaient se servir, quand ils avaient essayé inutilement d'autres remèdes. Les vertus curatives des plantes et d'autres médicaments, aussi bien que les propriétés pernicieuses de certaines substances, faisaient l'effet de mystères dont la connaissance ne pouvait s'expliquer que par une révélation divine. Remèdes et poisons portent le même nom de (papjAaxa, et les médecins qui s'y connaissent, PolLdarius el Machaon, sont des rejetons divins, fils d'Asclépios. Hélène a reçu en don de l'égyptienne Polydamna le Népenthès qui calme les douleurs. Les Égyptiens possèdent les secrets des "Ayyr/.y. , parce qu'ils tirent leur origine du dieu-médecin Pœon \ Circé , qui par ses enchantements change les hommes en bêtes, est aussi une déesse L'épisode de Ménélas el de Protée n'est autre chose qu'une allusion détournée aux moyens par lesquels les hommes pouvaient contraindre les (lieux (le se soumettre à leurs désirs. Il n'y a point là de sortilège, c'est simplement une victoire remportée sur le démon de la mer, qui est un dieu d'ordre inférieur; mais déjà Euripide fait entendre que l'on peut, par des moyensqu'à la vérité il n'indique pas, forcer les dieux à révéler ce qu'ils, veulent taire*, et Platon, comme on l'a vu plus haut, s'élève contre

1. Voy. Schœmann, de Hécate hesiodea, dans les Opusc>acad., 1. 1, p. 215- 249, et Welcker, Gœtterlehre, 1. 1, p. 562 el suiv.

2. Homère, Odyssée, I. MX, v. 157; Pindare, Pythiques, III, « 9i

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