Platon, Leges, 1. IX, p
:>. Hérodote, 1. 1, c, 35.
4. Petersen, das heilige Recht der Griechen, p. 40, essaie île confirmer une prétendue relation qui aurait existé entre les pratiques de purification usitées à Delphes, d'un côté, L'institution du culte dionysiaque el Les Mystères de L'autre, et vante la pénétration de Boel ticher qui a, le premier, conclu ce rapport d'un passage de Plularque(de Iside el Osiride, c. 35), et d'un autre de Lycophron (v. 207), auquel il faul joindre lesscholies. Je n'ai pas, quanl à moi, la pénétration nécessaire pour découvrir tant de choses. Les derniers aperçus de Bœtliclier sur les rites de la purification se trouvent dans les Denkmseler und Fovschungen de Gerhard, 1SC0, n° 137, p, 01 et suiv.
ficalions des meurtriers que dans les Argonau tiques d'Apollonius '.Le poète décrit la manière dont Jason et Médée sont purifies par Cirer du meurtre d'Absyrtus, en ayanl soin d'ajouter que l'on a observé les formes traditionnelles. La magicienne
commence par égorger un cochon de lail et en l'ail couler Le sang- sur les mains des coupables. Puis elle procède à une ablution dont le détail est omis, mais que, d'après d'autres exemples, on peut supposer opérée avec une eau bénite dont on augmentait la vertu, en y plongeant un tison enflammé pris sur l'autel du sacrilice, et en ajoutant du sel, peut-être encore d'autres ingrédients. Cela fait, Circé invoque Zeus, comme le refuge des suppliants et le dieu qui préside aux purifications. L'eau qui a servi à laver le sang est emportée par des suivantes, et jetée, on peut du moins le supposer, dans un lieu écarté, hors de la portée des hommes. Enfin Circé fait brûler des gâteaux et d'autres offrandes ( [j.tC/. •:/.-. yx), et accomplit des libations sans vin (vvjçâXia), en demandant à Zeus d'apaiser la colère des Vénérables déesses, et de se montrer lui-même bienveillant envers les homicides. Tout cela se passe sans que Circé sache quel meurtre ont commis Jason et Médée, de même que, dans Hérodote, Crésus ne demande à Adraste son nom et celui de sa victime qu'après l'avoir purifié. Il suffisait donc que le suppliant se présentât comme impur pour obtenir la grâce qu'il sollicitait. Nous constatons aussi, d'après le récit d'Apollonius, que la purification se divisait en deux actes : le premier comprenant la purification elle-même et consistant à répandre sur les mains de la victime le sang de l'animal égorgé et à en laver la trace, pour marquer par là que le crime a disparu; le second, donnant satisfaction aux dieux par des prières et des offrandes. Zeus, comme dispensateur des purifications, est honoré sous le nom de •/.xOapstcç ; en tant qu'il se laisse désarmer par le coupable, il est appelé y.zik{yioq. Mais ces deux attributions se tiennent de si près qu'il n'y a pas lieu d'être surpris si, dans quelques passages des anciens, le surnom de Mcilichios a prévalu et est
J. Apollonius, Argonautica, I. IV, v. 702-717.
uniquement employé1. Par cela seul qu'il agit comme Catharsios, Zeus a droit aussi à l'épithète de Meilichios. La purification est le préliminaire du pardon , qui ne saurait être accordé qu'à des mains pures2.
Dans les exemples de purification à la suite de sang- versé, que nous fournit la mythologie, il n'est pas tenu compte des différents genres d'homicides 3. La purification est accordée au meurtrier de dessein prémédité, comme à celui qui a commis un crime involontaire, au lâche qui a fait tomber sa victime dans un piège, comme à celui qui a triomphé de son adversaire dans un combat loyal, pourvu qu'il se réfugie à l'étranger, et que là il invoque la protection puissante des dieux. Le meurtrier ne peut obtenir d'être régénéré dans le pays même où le meurtre a été commis *, mais une fois qu'il en est dehors, les égards dus aux suppliants ne permettent pas de lui refuser cette grâce ; on doit même la lui accorder, ainsi qu'on l'a vu plus haut, sans s'informer qui il est, ni de quoi il s'accuse. Dans les temps historiques, on procède différemment, selon que le meurtre est prémédité ou involontaire, juste ou injuste, excusable ou condamnable. Athènes est, à vrai dire, la seule cité qui nous fournisse des détails précis sur ce sujet, mais il n'y a pas de raisons de douter que les principes adoptés chez elle aient été aussi en vigueur dans d'autres contrées5. Il était permis au mari
1. Voy. par exemple Pausanias, 1. I, c. 37, § 4, et I. II, c. 20, §2. Apollonius (1. IV, v. 401) donne à Zeus la qualification dlxéstoç, parce que, dans ce passage, ceux qui demandent à être purifiés se présentent en suppliants.
2. Chez Hérodote (1. VI, c. 91), la purification (àyo; Êx6\i<ra<rtai) et la réconciliation avec la divinité (îXewv yéveffOat tbv 8e6v), paraissent n'être qu'une seule et même chose. De même Plutarque {Thésée, c. 12) réunit les mots àyviTxvT:; y.at [AEi).:-/ia Biiffavxe;.
3. Des exemples semblables ont été recueillis par Loheck (Aglaophamus, p. 968), et d'une manière plus complète encore dans le livre de Lomeier, de Lustrât ., p. 21 i et suiv.