Censorinus, de Die Natali. c. Il, 7, p. 28, éd. Jalin
ensuite, sans doute par de simples ablutions, et offraient un sacrifice, soit, sur un autel domestique, soit dans un temple, peut-être bien dans celui de la déesse qui présidait aux naissances, Artémis yr.iorr,, à qui on avait coutume de consacrer les vêtements de l'accouchée i. Le nouveau-né et les personnes dont la présence était nécessaire à l'accouchement avaient aussi besoin de purifications, que l'on accomplissait d'ordinaire le cinquième, le septième ou le dixième jour, avec des cérémonies sur lesquelles nous reviendrons plus loin. — Le commerce des sexes était aussi une cause d'impureté : il n'était pas permis, au moins le lendemain, de se présenter devant les dieux avant de s'être purifié. Les préceptes hésiodiques interdisent même, dans ce cas, de s'approcher du foyer domestique2. Tout le monde cependant ne se piquait pas de la même austérité, ainsi qu'on en peut juger par la réponse de la pythagoricienne Théano. Interrogée sur la question de savoir après combien de jours une femme qui avait eu commerce avec un homme pouvait pénétrer dans le sanctuaire : tout de suite, répondit-elle, si elle a couché avec son mari, jamais, si elle a couché avec un autre'. La même diversité d'appréciations se retrouvait sans doute sur beaucoup do points analogues, et les prescriptions minutieuses auxquelles l'homme superstitieux s'astreignait dévotement étaient non avenues pour les esprits éclairés \
Les moyens de purification mis en œuvre, et les formes dans lesquelles ces cérémonies s'accomplissaient, ue variaient pas moins que les causes de souillures. Les sacrifices sanglants n'étaient sans doute indispensables que dans les
1. Scliol. de Callimaquo, Hymne à Zeus, v. 77; voy. aussi Schœmann, Antiquités grecques, t. II, p. 2G9, n. 5.
2. Hésiode, Œuvres et Jours, v. 734; voy. aussi Greevius, Lect. Hesiodese, c. 15, p. 58(S, éd. Lœsner.
3. Clément d'Alexandrie, Stromata, 1. IV, c 19, p. 619, éd. Polter; Diogène Laërte, I. VIII, s, i:: ; Stol FlorUegium, tit. LXXII, p. ii '>.
4. D'après Arrien, par exemple(de Venat., c. 32), on ne doit pas seulement, apivs la chasse, si' purifier soi-même, mais associer aussi ses chiens à cette cérémonie; la manière dont les choses sont présentées prouve qu'il ne s'agissait pas là uniquement d'un soin de propreté cl que le sentiment religieux y était aussi intéressé.
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cas graves. Les victimes, ainsi que nous l'avons vu déjà, étaient surtoul déjeunes porcs. Toutefois, pour certaines purifications qui devaient être un préservatif contre les maléfices d'Hécate el de son cortège, on sacrifiait des petits chiens, et avant de jeter les débris de leurs cadavres, on en frappai! trois fois la personne à purifier, non sans doute sans faire un même nombre d'invocations1. En Béotié, les restes dès chiens offerts en sacrifice étaient éparpillés sur le sol, et il fallait se frayer un chemin au travers, sans y toucher. La même coutume existait en Macédoine, pour la lustration de l'armée2. L'eau suffisait dans les occasions moins importantes. On employait de préférence l'eau de mer3 ou de l'eau de source fraîche, dont on croyait augmenter la vertu, en y plongeant un tison enflammé, pris sur l'autel, et en y mêlant les cendres du sacrifice, du sel, des lentilles et d'autres substances * : même après que l'on avait appliqué tel ou tel moyen de purification, on finissait toujours par se laver avec de l'eau. On avait recours aussi au feu et à la fumée produite, tantôt par le soufre ou par l'encens, tantôt parla combustion, de différents bois, en particulier du laurier et de diverses plantes, parmi lesquelles on cite la fumeterre (rcepccrepecov) et le capillaire (âStavrov)'1'. Théocrite, dans le poème où il raconte l'enfance d'Hercule et sa victoire sur les serpents envoyés par Héra, fait une description détaillée de cette cérémonie : à minuit, d'après les instructions de Tirésias, on allume un feu avec les essences appropriées à cet usage; on y brûle les serpents étouffés par le jeune héros, et le lendemain, au point du jour, les cendres, emportées de l'autre côté du fleuve, sont jetées aux vents par une servante qui ne
1. Théophrasle, Caractères, c. 16 ; voy. aussi les Notes de Casaubon, p. 54 de l'édition de Ast, et Plutarque, Quxst. mm., n° G3, avec les remarques de Wyttenbacb. Sur la vertu des opérations répétées trois fois, voy. Athénée, 1. I, c. 3, p. 2 : xpi; 8' àTto(AxE5C|i£voim 8eo\ osSôaacv ajj.£ivov.