‹ Antiquités grecquesChapitre 37 sur 567 · Strabon, I. VIII. p · texte numérisé non relu

Strabon, I. VIII. p

2. Strabon, I. X, |>. i 18. Voy. ci-dessus, page 10. 'A. Hymne à Apollon, v. 157 et suiv.

4. Voy. Bœckh, Staatshaush. der Athener, t. Il, p. 82, et C. I-'. Hermann, de Theoria Deliaca, dans le Progr. de l'Univ. de Gœttingue, 1846-1847.

Les Ioniens d'Asie célébraienl aussi sons le nom de Panionies des fêtes en l'honneur de Poséidon Héliconien, et se réunissaient a cel ellei pies du promontoire de Mycale, sur le terriloirede Priène.Aux <lix villes ioniennes, Milet, Mios, Priène, Ephèse, Colophon, Lébédos, Téos, Clazomène, Phoeée, Ery- Ihrae, et aux deux îles de Samos et de Chios se joignit plus tard Smyrne qui antérieurement avait appartenu aux Éoliens1. — Citonsencoro, pour terminer cette énumération, la fête que les Dorions célébraienl à Ephèse, en l'honneur d'Arlémis*.

Ala vérité, le nom d'Amphictyonie n'est pas appliqué, dans les documents qui nous sont parvenus, aux deux dernières solennités, non plus qu'à celles dont il a été question plus haut, qui rassemblaient les populations béotiennes, triphyliques, eubéennes et doriennes3; mais il est difficile de découvrir le motif qui le leur a fait refuser. Rien du moins ne prouve que les tendances politiques ou purement religieuses de ces associations, ni le nombre variable ou invariable de leurs membres, non plus que les réglementations de leurs séances, aient dû influer sur le nom par lequel on les désignait. Les attributions politiques et religieuses étaient mêlées dans les Amphictyonies comme dans les autres confédérations. Assurément FAmphictyonie de l'île Calauria n'avait pas été fondée sans une arrière-pensée politique. Il en était de même pour la ligue des populations qui fêtaient ensemble les Pambœoties, et pour colle des cités eubéennes dont le centre était le sanctuaire d'Artémis Amarynthe. L'existence, dans quelques-unes de ces associations, d'un comité directeur qui manquait aux autres, ne peut pas davantage avoir décidé de leur dénomination, car si Athènes préside sans conteste l'Amphictyonie de Délos, il n'est nullement question de présidence dans la ligue qui porte par excellence le nom d'Amphictyonie.

1. Hérodote, 1. I, c. 148; Strabon, 1. XIV, p. 633. Sur le déplacement des Panionies, célébrées depuis à Ephèse, voy. Diodore, 1. XV, c. 19; cf. Schœmann, Antiq. Jw. publ. Graec.i p. 413.

2. Thucydide, 1. III, c. 104; Denys d'Halic, Ant. rom., 1. IV, c. 25.

3. 11 est cependant à remarquer que d'après Pausanias (1. IX, c. 34, § 1) un fils d'Amphictyon s'appelait Iton, ce qui suppose que le nom d'Amphictyonie appartenait bien à l'association chargée de célébrer les fêtes en l'honneur d'Athêna Itonia, dont le temple était le sanctuaire des Pambœoties.

LES AMPIIICTYONIES 33

Cette Amphictyonie, la plus célèbre do (outes et la mieux connue, élait celle de Delphes ou de Pytho, ainsi nommée parce que son principal sanctuaire était le temple d'Apollon Delphien. Elle en avait un autre à Anthéla ou Anthéna, sur le territoire des Maliens, à proximité des Pylae ou Thërmopylae. Déméter, à qui il était consacré, s'appelait de là 'Ap.q>aTuovi'ç. Il est très probable qu' Anthéla était à l'origine le point central d'une Amphictyonie à laquelle se rattachèrent dans la suite des populations plus éloignées, et que l'association générale adopta le sanctuaire des nouveaux adhérents, en raison du respect qu'il inspirait; ainsi celui de Déméter fut rejeté au second rang'. Cela n'empêcha pas que les assemblées, alors même qu'elles avaient lieu à Delphes, conservassent le nom de Pylaïques et les ambassadeurs des Etats fédérés celui de Pylagôres. On s'explique facilement que nous ne possédions pas de renseignements historiques sur la naissance ou le développement de l'Amphictyonie Pylaïque. La légende en attribue la fondation à Amphictyon lui-même, dont elle fait le frère d'Hellen, qui avait aussi un temple dans Anthéla. De ce récit il ressort du moins que l'imagination des Grecs faisait remonter cette Amphictyonie aussi loin que le nom des Hellènes. On racontait aussi que plus tard le roi argieu Acrisios était venu dans ces contrées et avait institué l'Amphictyonie de Delphes sur le modèle de celle de Pylce1. Ce n'est pas ici le lieu de rechercher ce qui peut-avoir fourni matière à ces fables. Contentons-nous de dire ce que l'histoire ne dément pas, à savoir que l'Amphictyonie de Delphes comprenait les douze populations suivantes : Les Maliens, les Achéens de la Phthiolide, les JSnian.es ou Œléens, les Dolopes, les Mag-nètes, les Perrhèbes, les Thessaliens, les Locriens*, les Dorions, les Phocéens, les Béotiens, les Ioniens. On voit que toutes les nations de la Grèce n'en faisaient pas partie; il y manque en effet les Acarnaniens, les Lléens, y compris les habitants de la Pisatide et de la Triphylie, les

1. Voy. le Schol. d'Euripide, (h'este, v. 1094; d'après d'autres, l'Amphictyonie de Delphes avait été fondée aussi par Amphictyon; voy. Pau

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