‹ Antiquités grecquesChapitre 38 sur 567 · Voy. Anliq.Jur, publ. (lt\n\} p. 387, n · texte numérisé non relu

Voy. Anliq.Jur, publ. (lt\n\} p. 387, n

Driopes qui occupaienl Hermioné el Asine dans l' Argolide , Carystos et Styra dans l'Eubée. A cette Liste de dissidents il faut joindre encore Les Achéens du Péloponèse, car on ne cite jamais parmi Les confédérés que ceux de la Phthiotide ', soit qu'au moment où fui fondée La ligue, Les deux branches de La souche achéenne se fussent déjà séparées, suit que Le nom d'Achéens no doive pas rire considéré comme représentant une race unique2. On peut affirmer avec assurance que les douze peuples amphictyoniques avaient habile antérieurement les uns la Thessalie, les autres la région plus méridionale qui entoure le Parnasse, et se prolonge vers l'est. Ce lui vraisemblablement après la guerre de Troie] que les Thessaliens quittèrent la Thesprotie pour s'établir dans la contrée voisine, à laquelle ils donnèrent leur nom. Ils ne peuvent, d'après cela, être comptés parmi les plus anciens membres d'une diète amphictyonique dont la fondation remonte sans contredit plus haut. Aussi a-t-on conjecturé qu'ils y étaient entrés à la place des Dryopes, lorsque ceux-ci en furent exclus; mais pour plusieurs raisons, cette supposition est peu vraisemblable. On risquerait moins de se tromper en admettant que les Thessaliens ne se fixèrent pas tous en même temps dans la Thessalie, et qu'une partie d'entre eux avaient émigré déjà, lorsque de nouvelles bandes sortirent de la Thesprotie, vinrent rejoindre leurs compatriotes postérieurement à la guerre de Troie, achevèrent la conquête du pays et en soumirent ou en chassèrent les habitants 3. En ce qui concerne les Ioniens, dont on ne peut affirmer qu'ils aient jamais habité la Thessalie ou les environs du Parnasse, il est probable que leur entrée dans la confédération s'explique par leur mélange avec une population amphictyonique qui serait allée se joindre à eux. On peut du moins interpréter ainsi les légendes d'après lesquelles Xouthos, c'est-à-dire Apollon Pythien ou Amphic-

1. Dans le passage de Diodore (XVI, 29) oifon lisait autrefois 'Avaio\ xa\ <I>0cwtcu, les récents éditeurs ont supprimé avec raison la préposition xaï.

2. Voy. Duncker, Gcsch. des AHerth., t. III, p. 554, 2e édit., et Welcker Gœtterlehre, t. T, p. 359. Cf. l'art. Indogerm. Sprachstudïen, dans l'Encyclopédie d'Ersch et Gruber, p. 65, n. 44.

3. C'est l'opinion soutenue par Buttmann (MythoL, 1. II, p. 202 et 203).

tyon auraient émigré en Béotie et en Attique et s'y seraient établis '.

Ces douze populations jouissaient des mêmes droits dans l'Amphictyonie, quelque inégales que paraissent plus tard leur puissance et l'étendue de leur territoire. Les uns en effet perdirent avec le temps toute leur importance et même leur indépendance politique, tandis que d'autres devinrent des Etats considérables et fondèrent de nombreuses colonies qui héritèrent du droit à rAmphictyonie ; mais l'égalité des privilèges est la preuve que, lorsque fut organisée la fédération, tous les peuples qui en firent partie semblaient être encore sur le même pied. Il n'est guère admissible qu'ils n'aient eu d'autre but que de s'unir pour honorer Déméter ou Apollon. La pensée dominante dut être d'organiser une ligue internationale contre l'ennemi commun et d'apaiser les divisions ou du moins de prévenir des luttes trop meurtrières. C'est ce qu'indique le peu que nous savons des lois amphictyoniques. Suivant l'une de ces dispositions, la seule en ce genre, à vrai dire, qui nous soit parvenue, « il est interdit de détruire aucune ville ampliictyonique et de détourner les eaux nécessaires à son usage, en guerre aussi bien qu'en paix. Contre l'état qui violerait cette défense, tous les autres doivent entrer en campagne, jusqu'à ce qu'il soit exterminé. » Plus tard seulement, lorsque les événements eurent porté une grave atteinte à l'influence politique des Amphictyons, le sens religieux de l'institution prévalut, et la vénération publique s'attacha surtout au temple de Delphes : « Quiconque aura pillé la propriété du Dieu, quiconque se sera associé comme complice ou seulement comme confident à la violation de son territoire, contre celui-là, chacun doit agir de la main, du pied, de la voix et de toutes les forces dont il dispose \ » Ce qui nous est rapporté des résolutions et des mesures adoptées par les Amphictyons, des plaintes portées devant le Conseil et des sentences prononcées par lui, a trait le plus souvent au temple de Delphes.

1. Voy. Schœmann, Antiq. grecques, 1. 1, p. 301 et 362, et <>i>u.<r. acad.t t. I, p. 237 et 328.

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