Strabon, 1. IX, p
LES GRANDS MYSTÈRES 43o
tion ionienne. D'après l'hymne homérique, il avait été institué à Eleusis par la déesse elle-même qui, sous la figure d'une femme venue de Crète, recul l'hospitalité dans la maison du héros éleusinien Kéléos. Cela semble indiquer que le culte de Déméter Éleusinia était originaire de Crète ' ; et en effet il est établi que l'on célébrait dans cette île, à Cnossos, des fêtes semblables à celles d'Eleusis2, avec cetteseule différence que le culte, au lieu d'être secret, était public, c'est-à-dire qu'on n'avait pas besoin d'une initiation particulière pour y être admis. Peut-être, cette cérémonie avait-elle été obligatoire à Eleusis dans le principe; mais là même, depuis que la ville fut devenue athénienne, l'accès aux mystères fut rendu facile, non seulement pour tous les Athéniens, mais pour les étrangers. Les grâces promises aux initiés étaient de telle nature qu'on pouvait en faire profiter tous ceux qui s'en montraient dignes, sans craindre que la part de chacun en fût diminuée. Lorsque Athènes eut pris place à la tête de la Grèce, cette prééminence ne contribua pas peu à augmenter le renom des mystères, déjà si haut placés dans l'estime publique, et par suite le nombre des adhérents3.
Le soin de veiller à l'ordonnance extérieure des fêtes célébrées à l'occasion des mystères rentrait, chez les Athéniens. dans les attributions de la magistrature suprême. Après l'institution des neuf Archontes, il échut à l' Archonte -roi, chargé de la surintendance de tout ce qui tenait au culte officiel. Ce magistrat était assisté par quatre Épimélètes, dont deux pris dans la bourgeoisie et deux choisis, à mains levées,. parmi les Eumolpides et les Céryces*. La race des Eumolpides avail
1. Cela n'est pas impossible, même si l'on admet avec Curtius (Histoire grecque, I. I. p. 370), que les mystères de Démêler ne sont pas venus directement de ta Crète dans l'Attique, mais qu'ils y ont été introduits par les Messéniens fugitifs, à la suitede l'invasion des Héraclides. Sauppe [zu der Mysterieninschr, v. Andania, p. 220 déclare controuvée l'opinion contraire,
' à savoir que ces mystères auraient été transportés de l'Attique en Messénie.