Ranœ, v. 324, éd. Didot
5. Ce séjour est le temple d'Eleusis où Iakchos avait été transporté d'Athènes.
de tes mystères, présider à leurs danses sur le gazon, agite autour de ta tête la couronne de myrte aux fruits abondants, et d'un pied hardi figure cette danse libre, joyeuse, pleine de grâces et sacrée à tes adeptes... Ranime la flamme des torches, en les secouant dans tes mains, Iakchos, Iakchos. astre brillant de l'initiation nocturne. La prairie est éclairée de mille feux; le jarret des vieillards se met en branle; ils oublient leurs peines et les soucis de leur existence, pour s'associer à tes solennités ; à toi, Dieu étincelant de lumière, de conduire sur cette prairie fraîche et émaillée de fleurs, les chœurs agiles de la jeunesse. »
À côté de ces joyeuses fêtes de nuit, il est parlé de jeûnes imposés aux initiés pendant plusieurs jours, en souvenir des cruelles souffrances de Déméter qui, errant à la recherche de Perséphone, ne but ni ne mangea, jusqu'au moment où une fille de bonne humeur, Iambé, servante dans la maison de Kéléos; la réconforta par sa gaieté et la décida à boire le Cycéon que lui offrait la reine Métanira. On ne sait combien de temps durait l'abstinence des initiés l ; mais sans doute elle n'était observée que le jour, comme chez les musulmans, durant les fêtes du Ramadan. A la tombée de la nuit, on prenait le Cycéon, mélange d'eau et de farine, avec assaisonnement de pouliot et d'autres ingrédients, et l'on mangeait ce qu'on voulait, à l'exception des mets spécialement défendus2. Le Cycéon donnait lieu à l'application d'un usage symbolique : on tirait d'une cassette (x.t<rcYj) certains objets à manger, puis après y avoir goûté, on les replaçait, d'abord dans une corbeille, puis de nouveau dans la cassette. Cette coutume ressort de la formule qui parait avoir servi aux initiés de signe de ralliement : « J'ai jeûné, j'ai bu le Cycéon, j'ai pris dans la ciste, j'ai jeûné, j'ai mis dans la corbeille, j'ai replacé dans la ciste11. » Quel était le sens de ces paroles? que contenait la
t. L'hymne homérique à Déméter semble indiquer que le jeûne devail durer neuf jours, mais celte conséquence pourrait paraître fort contestable, si c'était ici le lieu de la discuter.