Voy. Sainte-Croix, Mystères du Paganisme, |>. 280 ci
3. Clément d'Alexandrie, Protreptica, c. 2, 21. C'est avec raison que, dans ce passage Klotz admet la correction proposée parLobeck : Èyy^jaâusvo; au lieu de èpYaadtu.£vo;,conirc laquelle Dœllinger (p. L68) n'eul pas du s'élever.
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cassette? ce terni des questions que peuvent cherchera résoudre cous qui prennent plaisir ;'i deviner des énigmes, Penfcrirc, ta cassette représente-t-elle la terre d'où L'homme tire sa
nourriture; de la récolte gn'il obtient, il consomme une partie
cl en conserve l'autre dans le grenier, pour la rendre au Sol comme semence; mais on est libre d'imaginer bien d'autres choses, avec aussi peu de chance de trouver la véritable explication. H ion n'empêche de croire, dans tous les cas, que la formule précédente fût un signe de reconnaissance entre les adeptes, bien que la chose ait été mise en doute '. On aurait tort de croire qu'en entrant dans les sanctuaires ouverts seulement aux initiés, chacun d'eux ait été tenu à justifier de sa qualité, et cependant l'absence de précautions pouvaient ouvrir la porte aux profanes2. Il est probable que si quelqu'un était soupçonné de s'être introduit indûment, on lui demandait la preuve du contraire et, dans ce cas, les paroles citées plus haut pouvaient, entre autres formules, servir à prouver son identité.
Dans les lieux abordables aux seuls initiés, s'accomplissaient les actes liturgiques qui formaient la partie essentielle des mystères. Si peu que nous possédions de détails à ce sujet, le nom d'Hiérophante et l'expression Setxviivai ~.x îspâ indiquent tout d'abord que des objets sacrés étaient exposés aux regards desMystai'. Ces objets, à Eleusis comme ailleurs, étaient en partie des images des dieux ou des symboles représentant les forces naturelles et leurs manifestations*, en partie des reliques de diverse nature, dont la possession et la contemplation étaient un gage de la bénédiction céleste. Il existait sur toutes ces choses des traditions sacrées (kpos
1. Voy. Lobeck, Agloaphamus, p. 25, il est indubitable que les initiés se servaient en général, dans les mystères, de formules ou de signes convenus, pour se faire reconnaître et justifier de leur qualité. Voyez à ce sujet Apulée, Apologia, c. 55 ; Aristide, Orat. IV, p. 47. éd. Dindorf, et Plaute, Mites yloriosus, a. IV, se. 2, v. 25.
2. Cela résulte du récit de Tite-Live (1. XXXI, c. 14), mais il ne faut pas tirer d'autre conséquence de ce passage.
3. Lysias, c. Andocide, p. 107 ; Plutarque, Alcibiade, c. 22 ; voy. aussi Lobeck, Aglaophatnus, p. 51.
4. Il est très douteux que le pballus et le xtei; aient eu à Eleusis un sens symbolique; voy., dans les Mystères du Paganisme de Sainte-Croix, t. I. p. 368, une note de Sylvestre de Sacy.
Ady;-.), rappelant leur origine et leur vertu secrète, et dont une partie, revêtue de la forme poétique, était chantée tantôt par l'Hiérophante seul, tantôt par des chœurs nombreux, avec accompagnement d'instruments. Représentons-nous un temple rempli de fidèles, dans l'attente des mystères qui doivent leur être révélés : l'obscurité et le recueillement y régnent encore; soudain le voile qui cachait le saint des saints est écarté, une lumière éclatante s'en échappe et les prêtres apparaissent dans leurs costumes pompeux et caractéristiques ' ; au fond se font entendre des chœurs de chanteurs et d'instrumentistes ; l'hiérophante s'avance et montre chaque relique séparément, en donnant sur leur signification les détails susceptibles d'être portés à la connaissance des initiés; les chœurs glorifient les dieux et célèbrent leurpuissance bienfaisante. Ce tableau suffit à faire comprendre les sentiments de vénération profonde dont pouvaient être saisis au fond de leur âme les initiés pour qui ces reliques étaient vraiment des reliques, pour qui ces dieux étaient vraiment des dieux. Mais des renseignements précis ne nous permettent pas de supposer que cette exhibition des objets sacrés, les révélations et les chants dont elle était accompagnée fussent les seuls moyens mis en œuvre : des représentations animées faisaient revivre sous les regards des spectateurs tout ce que les légendes racontaient des actions et des épreuves des dieux2. Les scènes devaient consister, tantôt en des espèces de tableaux vivants auxquels les prêtres et des chanteurs joignaient des hymnes et des prières inspirées par les mêmes sujets, tantôt en de véritables pièces de théâtre où les personnes divines jouaient des rôles. Parmi ces drames, on peut citer la descente cj.fi Perséphpne aux
1. De l'assertion de Porphyre rapportée parEusèbe (Praepar. evang., 1. lit. i . 12, p. 127), à savoir que ['Hiérophante était habillé en Démiurge, que le Dadouque, par la richesse de ses vêtements, représentait le soleil, l'Epibomios Ja lune, et que le Céryce figurait le personnage d'Hermès, il n'y a qu'une seule conséquence à tirer, c'estque leurs costumes et leurs insignes pouvaient être interprétés ainsi par Porphyre el par des esprits semblables au sien.
2. Le faux prophète de Lucien raillait aussi de la belle foçon, dans la description de ses mystères, l^s représentations dramatiques; voy. Alexander.c. 38 et 39.
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enfers et son retour en ce monde1. An tableau <lu sombre royaume se rapporte la question que, dans Lucien, un nouveau débarqué parmi les ombres adresse à l'un de ses compagnons" : « Dis-moi, toi qui as été initié aux mystères d'Eleusis, 1rs enfers sont-ils bien tels que tu les as vus représentés? » Ailleurs il est question d'apparition merveilleuse, • le passage soudain de la lumière aux ténèbres, de voix étranges8, et cette fantasmagorie, sans nous donner une idée complète de ce qui devait se passer, nous permel d'affirmer que les prêtres n'épargnaient aucun artifice pour agir sur les sens et sur l'esprit des initiés. Il paraît même que. à la place occupée par le Télestérion d'Eleusis, on trouve encore les traces d'un mécanisme employé dans ces représentations*.
Il est présumable que l'exhibition des emblèmes mystiques et la reproduction des légendes sacrées duraient plus d'une nuit, que tous les Mystai n'étaient pas admis ensemble à l'Epoptie, mais étaient promus à ce grade par fournées. Nous avons déjà remarqué que nul ne pouvait être initié aux grands mystères, sans avoir passé par les petits5. On exigeait, entre les deux épreuves, un intervalle de six mois. Cette seconde initiation ne conférait pas même l'Epoptie de plein droit; il fallait encore attendre au moins une année0; et ainsi s'explique qu'un grand nombre de Mystai, surtout parmi les étrangers qui ne pouvaient retourner à Athènes, ne soient jamais devenus Epoptai. Nous ignorons si cette dignité pouvait être ajournée ou refusée pour des motifs autres que les délais nécessaires. Il n'est pas impossible, ainsi qu'on l'a vu plus haut, que des esclaves aient reçu l'initiation. Il n'y avait pas
1. Clément d'Alexandrie, Protreptica, c. 2, § 12. Les personnes que ces détails intéressent pourront trouver de? conjectures sur toules sortes de représentations dans l'ouvrage déjà cité de Dœllinger, p. 164 et suiv.