‹ Antiquités grecquesChapitre 383 sur 567 · Pausanias, 1. VIII, c · texte numérisé non relu

Pausanias, 1. VIII, c

LES GRANDS Mï'STÈRES 477

naissons dans celte classe, durant la période classique de l'histoire grecque, que les mystères de Samothrace et ceux d'Isis.

§ 2. — Les Mystères de Samothrace.

Hérodote, le plus ancien des écrivains à nous connus qui fasse mention de ces mystères, les appelle les orgies des Cabires ' ; mais qu'était-ce, à proprement parler, que les Cabires? Les anciens nous fournissent sur leur compte des renseignements si contradictoires qu'aucune argutie ne saurait les concilier. Pindare cite Cabiros, né du sol sacré de Lemnos, parmi les êtres considérés en différents pays comme les souches de la race humaine, et l'associe aux Curetés de la Crète et aux Corybantes de Phrygie, à Dysaulès d'Eleusis, au géant Alcyonée des champs Phlégréens, au béotien Alalcoméneus, au lybien Iarbas et aux hommes produits en Egypte par le limon du Nil2. De ce passage il semble ressortir que le poète a vu dans le Cabiros lemnien non pas un dieu créateur, mais un homme primitif, d'où serait sortie la race actuelle, abâtardie dans la suite des temps et devenue si peu semblable à ses ancêtres. Pindare est, il est vrai, le seul témoin qui tienne ce langage, mais il est aussi le plus ancien que nous puissions citer. Les écrivains postérieurs qui ont également rapproché les Cabires, les Curetés et les Corybantes ne présent tent les premiers ni comme des hommes ni comme des dieux. Ils voient daus les Cabires des êtres intermédiaires, à la suite ou au service de divinités plus puissantes3. D'après cette façon d'envisager les choses, les mystères des Cabires, au lieu d'être

1. Hérodote, 1. II, c. 51 : otti; t* KaSdptov opyia [x^[x.-'jr,--v.. t< SapoOp

£7UTe)io'jacv.

2. Dans un fragment conservé par Origène [Philosophumena, p. 96,

éd. Miller) et publié avec corrections par Schneidowin. dans le Philologus, t. I. |». 123.

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