Pausanias, 1. IV, c
L'inscription d'Andania permet en ell'et de supposer que le culte des Cabires était joint à celui de Déméter et de Cora, de sorte qu'il y aurait eu aussi, dans cette contrée, une Déméter Cabiria1. Les Cabires étaient encore honorés à Lemnos, à Imbros, à Pergame, en Macédoine, partout sous la forme mystique 2.
S 3. — Lps Mystères d'isis.
Depuis que le culte d'isis eut pénétré en Grèce, la Déesse, outre ses solennités publiques, eut ses mystères, auquel nul ne pouvait être admis sans une initiation spéciale. Pausanias cite un assez grand nombre de temples consacrés àlsis3, sans toutefois marquer pour aucun d'eux l'époque où il fut construit. Malgré ce défaut d'indications, on peut être assuré que tous étaient postérieurs à l'avènement des Lagides et aux relations plus actives qui par suite s'établirent entre l'Egypte et la Grèce. Dans le temple de Phlionte, l'image d'isis ne pouvait être contemplée que par les prêtres. A ïithorée, en Phocide, deux fêtes populaires étaient célébrées annuellement en son honneur, l'une au printemps, l'autre à l'automne, niais il n'était permis de pénétrer dans l'intérieur du temple qu'à ceux qui en avaient reçu l'invitation de la Déesse elle-même, par la voie des songes. Los postulants devaient exprimer leur
\. Voy. Sauppe, Mystericninsch., p. 222 et 259.
2. D'après Jamblique [Vita Pythagorse, 1. I, c. 28), Pylhagore se fit initier aussi à Imbros.
3. A Mégare (I. I,c. 41, § 3), àCorinthe (1. II, c. 4, § 6), à Phlionte (1. II, c. 13, §7), près de Trézène (I. II, c. 32, § 6), à Méthane (I. II. c. 34, g 1), à Hermione (1. II, c. 34, S 10), à Bœœ, en Laconie (1. III, c. 32, § 13), à Messène (1. IV, c. 32, § 6), à Bura, en Achaïe (1. VII, c 25, § 9), à Tithorée, en Phocide (l. X, c. 152, $ 7). Une inscription d'Orchomène, en Béotie, publiée par Conze et Michaelis {Rapporta d'un viaggio, etc., p. 81) signale un prêtre de Sérapis, d'isis el d'Anubis. Sur la manière dont s'est propagé en Grèce le culte d'isis et de Sérapis, voy. Preller, dans les Berichte der Ssechs. Gesells. der Wissensch., 1854, p. 196. Une inscription datant de la quatrième année de la CXI0 olymp. el insérée dans ['Hermès, t. V, p. 351, montre que les métèques égyptiens possédaient déjà un iepbv d'isis à Allumes.
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désir aux prêtres, qui se chargaienl d'examiner si l'autorisation venait bien réellemenl d'Isis, après quoi il fallait encore, pour être admis dans le sanctuaire de la Déesse, être initié suivant les rites et prendre rang parmi ses serviteurs d'élection. Si, on effet, ceux qui témoignaienl leur dévotion à Isis par des prières el des sacrifices, étaient en très grand nombre, il existait au milieu d'eux une communauté plus intime d'affiliés, voués exclusivement à son culte et se rattachant à elle par un lien plus étroit, d'où leur venait le nom d"I<naxo( l. L'admission parmi les religiosi, comme les appelle Apulée2, était précédée d'un bain; le prêtre consécrateur, escorté d'un certain nombre d'adeptes, lavait lui-même le néophyte, en invoquant les dieux, puis on retournait au temple et le prêtre donnait lecture des passages des livres saints où étaient formulées les prescriptions relatives aux épreuves préparatoires. Pendant dix jours on devait s'abstenir de nourriture animale et de vin. A la fin de la dernière journée, le prêtre conduisait dans la partie la plus reculée du sanctuaire le postulant, qui voyait alors et entendait ce qu'il n'était permis qu'aux seuls initiés de voir et d'entendre. Aussi l'écrivain chez qui nous puisons les détails qui suivent et qui avait reçu lui-même l'initiation dans le temple d'Isis, à Corinthe, n'a-t-il dit que ce qu'il a cru pouvoir révéler sans encourir de blâme, et nous laisse-t-il exprès incertains de ce que nous devons admettre ou rejeter dans son récit : « Ecoute, dit-il, et crois ce qui est vrai : J'ai approché du royaume de la mort ; j'ai foulé le seuil de Perséphone, et j'ai traversé tous les éléments, pour revenir sur mes pas. Une fois de retour, j'ai vu le soleil briller en pleine nuit de tout son éclat ; je me suis trouvé face à face avec les dieux du ciel et ceux des enfers et je les ai adorés sans que rien nous séparât. Les paroles que je prononce et que tu entends, il ne t'est pas donné de les comprendre; je passe maintenant aux choses que je puis, sans pécher, faire connaître même aux profanes. » Ce qui suit a trait à des