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CHAPITRE SEIZIÈME

D'après les caractères que nous avons attribués à la religion grecque, on ne peut s'attendre à trouver un clergé régulièrement constitué, dépositaire exclusif d'un corps de doctrine touchant les dieux et les choses divines, et intermédiaire officiel entre les dieux et les hommes. Etant données les conditions de l'anthropomorphisme et les bonnes dispositions des dieux pour la race humaine, les Grecs ne pouvaient guère croire à la nécessité de cette entremise. Dès le principe, leur religion ne semblait pas de nature à être enfermée dans les limites déterminées d'un système théologique. Les traditions et les préceptes sacrés qui auraient pu en effet composer un ensemble doctrinal avaient toujours été confondus dans le patrimoine commun des choses dont l'intelligence et la jouissance semblaient accessibles à tout le monde; les idées que la foule se faisait de ses dieux lui venaient des poètes, qui n'étaient ni prêtres, ni soumis à l'autorité sacerdotale. Les devins et les interprètes qui, en certains cas, révélaient aux hommes la pensée des dieux, étaient également étrangers au sacerdoce ' ; enfin il n'était nullement nécessaire que les purifications et les expiations religieuses fussent accomplies par des prêtres ni dans les premiers temps, où ces cérémonies étaient fort simples, ni plus tard, lorsqu'elles devinrent plus compliquées. Chaque père de famille pouvait sacrifier sur l'autel domestique, sans l'assistance d'un prêtre, et ce que le père faisait pour lui et pour les siens, les Rois d'abord, plus tard les magistrats suprêmes le faisaient au nom de l'Etat, sans être marqués pour cela du caractère sacerdotal. Aristote

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