Aristote, Politique, 1. VI, c. 5, S il
2. Voy. Anfiq. grecques, t. I, p. 45, et Nsegelsbach, Homer. Theol., p. 198 et suiv.
3. Voy. le passage de Y Iliade (1. VI, v. 298 et suiv.), où les femmes Iroyennes, pour offrir un péplos à Athèna, s'adressent à la prêtresse Théano, qui leur ouvre les portes du temple, dépose le voile sur les genoux de la déesse et invoque la fille de Zeus.
4. Platon, Cratyle, p. 396 E. D'après le plan idéal de Platon [Lois, 1. X, c. 15, p. 909), les cérémonies religieuses ne peuvent s'accomplir que sous la direction des prêtres et dans les sanctuaires de l'État. Les offices privés, tels qu'en réalité il y en avait partout, en dehors de l'intervention des prêtres publiquement reconnus, étaient donc supprimés par Platon, en raison de leur caractère souvent fort répréhensible ; voy. Schœmann, Opuse. acad., t. III, p. 428.
alors il était tout naturel qu'il en devînt le prêtre et fût préposé au culte dont il avait eu l'initiative ; ou bien ce sanctuaire était l'œuvre d'une communauté, qui choisissait dans son sein celui qu'elle jugeait le plus propre aux fonctions du sacerdoce. Souvent aussi, une chapelle qu'un particulier avait inaugurée en vue d'un culte privé, uniquement pour lui et pour les siens, gagnait de la considération aux yeux de la communauté à laquelle appartenait le fondateur, et était élevée à la dignité de sanctuaire public. Il était de règle, dans ce cas, que le sanctuaire restât aux mains de l'ancien possesseur. Enfin il pouvait se faire qu'un culte institué privément sur un simple autel domestique se répandit au dehors, pour une raison ou pour une autre, qu'un sanctuaire fut construit par les soins de la communauté, et que le sacerdoce en fût transféré à celui qui en avait eu l'idée première.
Avant d'examiner d'une manière plus approfondie ce qu'était vraiment le sacerdoce, il convient de donner quelques détails sur les fonctionnaires qui, sans être prêtres à proprement parler, avaient part cependant au ministère sacré, offraient aux dieux des sacrifices officiels, avaient la surintendance du culte public, administraient les revenus du temple, donnaient leurs soins aux intérêts temporels qui ne laissaient pas d'être considérables, et y trouvaient eux-mêmes une source abondante de bénéfices. Nous avons déjà fait voir ' que très vraisemblablement le monnayage avait été, au début, un monopole des temples, et que le trésor public n'avait pris que plus tard cette fabrication à son compte. Il saute aux yeux que le métier devait être lucratif et ajouter notablement aux richesses des sanctuaires, qui d'ailleurs, 'suivant la considération dont ils jouissaient, recevaient des offrandes plus que suffisantes pour subvenir à leurs besoins ; de là l'origine des trésors sacrés. On peut dire avec Curtius '" que les dieux fureni eu Grèce les premiers capitalistes, et que les trésors des temples devancèrent les trésors publics. Nous avons fait remarquer aussi, dans le premier tome de cet ouvrage', que Les Etats et