Voy. Antiq. grecques, t. I,p
les particuliers déposaient souvent dans les temples des sommes d'argent qui servaient à faire l'agio, ce qui a permis de comparer ces établissements religieux ;i de véritables banques '. Lorsque, au commencement de la guerre du Péloponèse, les alliés de Sparte se consultèrent sur les moyens de se procurer des ressources, les Corinthiens signalèrent les trésors de Delphes et d'Olympie, comme une mine où l'on pouvait puiser2. Les Athéniens firent souvent aussi des emprunts à leurs temples; il va sans dire que ce n'était pas sans en payer les intérêts 3. Nous trouvons chez les Athéniens des trésoriers des finances sacrées («ca^at). Des fonctionnaires de même ordre existaient assurément ailleurs, bien que sous des titres différents, qui d'ailleurs rappellent tous, de plus ou moins près, le caractère sacré des fonds qu'ils maniaient, ?t le penchant qu'ont toujours eu les gens d'église à thésauriser.
Parmi les fonctionnaires qui , sans être piètres, tenaient de près au sacerdoce, mentionnons d'abord les Rois, titre que conservèrent dans beaucoup de contrées, après l'abolition de la monarchie, les magistrats héritiers de l'autorité religieuse dévolue autrefois aux souverains. Les Rois se distinguaient de leurs homonymes, en ce que cet attribut de la puissance suprême était le seul qu'ils possédassent^ et des prêtres, en ce qu'ils n'étaient pas attachés exclusivement au culte et au sanctuaire de tel ou tel dieu, qu'ils offraient des sacrifices publics, tantôt à l'un, tantôt à l'autre, et exerçaient une surveillance générale sur la religion officielle de l'Etat, d'où résultait pour eux un droit de juridiction, dans toutes les affaires litigieuses,, relatives au culte. Nous trouvons trace de ces Rois en beaucoup de pays, et jusque dans les temps relativement rapprochés ; mais ce litre appartient parfois aussi à des personnages chargés uniquement d'un sacrifice public déterminé*. Tantôt la dignité de Rois était conférée à des descendants de