Eschine, c. Ctésiphon, p
7. Le tyran Hippias ordonna que, à chaque naissance et à chaque dé
on apportât à la prêtresse d'Athôna un chénice d'orge, un chénice de froment et une obole; voy. Aristote, CEconom., I. II, c. 5, p. 1347, édit. de Berlin. Nul doute que ces offrandes ne profitassent à la caisse du templei
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m droil partoul à La proédrie, c'est-à-dire à une place d'honaeur dans les assemblées publiques el dans les spectacles1. Les années se complaienl chez plusieurs populations par les noms des prêtres attachés au culte des principales divinités. C'est ainsi qu'à Argos, la prêtresse de Héra était éponyme ;
ailleurs, cet honneur appartenait aux Hiéromné us et aux
Stéphanéphores. Quelques sacerdoces avaient un caractère particulièrement sacré, à ce poinl que ceux qui en étaient investis (levaient dépouiller le vieil homme et quitter le nom qu'ils avaient porté dans le monde ; ils n'étaient plus connus que par leur titre officiel. Étaient dans ce cas par exemple, chez les Athéniens, l'Hiérophante, l'Hiérophanline et le Dadouchos. Nous devons ajouter cependant que l'on ne trouve trace de lliiéronymie, mot par lequel l'on désignait celte substitution de noms, que dans les temps postérieurs \ A une époque relativement récente appartient aussi le titre d'Archiprêtre, acp%1e.ps.uc que l'on rencontre souvent dans les inscriptions de l'Asie-Mineure 3 et qui indique soit la première place dans le collège sacerdotal d'un temple, soit la prééminence sur les autres prêtres de la ville ou de la région, soit enfin un droit de surveillance sur le personnel et sur le temporel. H était assurément dans la nature des choses que les fonctions sacerdotales fussent réputées honorables, et l'on devine bien que les prêtres ne devaient pas être insensibles à l'attrait des dignités et des avantages qu'elles procurent. L'oracle de l'Apollon Didyméen lance cet analhème contre ceux qui ne se montrent pas assez respectueux du sacerdoce : « Quiconque, dans un accès de fureur, s'est oublié jusqu'à outrager un
1. Corpus lnscr. gr., n°101,23; voy. aussi les inscriptions recueillies dans le théâtre d'Athènes, bien que les plus anciennes ne soient pas antérieures à l'établissement de l'empire romain.
2. Lucien, Leariphanès, c. 10; Anthol. Valut., append.,h° 234; voy. aussi Lobeck, Aglaophamus, p. 62.
3. Corpus lnscr. gr., n° 2421, 2619 et suiv, Platon établit aussi dans sa Cité modèle un pontife suprême (Leges, 1. XII, p. 947 A). — J'ai publié dans le Philologus (t. XVII, p. 344) une inscription de Daphné, contenant un décret par lequel Antiochus le Grand place les sanctuaires de cette ville sous l'autorité d'un àp^iepivis, mais il n'y a rien à en déduire de précis, en ce qui concerne les fonctions attachées à ce titre.
prêtre et lui refuser les respects et les témoignages de reconnaissance qui lui sont dus, sera puni de son impiété ; il n'arrivera pas au but, dans le chemin de la vie, car il a gravement manqué du même coup aux dieux immortels \ » Cependant le terrain était mal préparé en Grèce pour l'abus des influences sacerdotales : le catéchisme, l'éducation de la jeunesse, la confession, la prédication, et en général tous les moyens d'agir sur les âmes faisaient défaut aux prêtres. Ils n'étaient pas des professeurs de religion, puisqu'il n'existait, à proprement parler, d'instruction religieuse ni dans les écoles ni dans les temples, et il ne pouvait guère y en avoir, étant données les conditions du paganisme grec. Les devoirs professionnels du prêtre se bornaient à l'accomplissement, dans la forme usitée, des cérémonies consacrées par la tradition et à la récitation des prières, sans paraphrase et sans enseignement. Aussi l'exercice du sacerdoce n' exigeait-il ni culture spéciale ni doctrine ; une connaissance facile à acquérir du rituel observé dans le service du temple suffisait. Les dignités électives, qui souvent n'étaient conférées que pour un an, pouvaient être dévolues à toute personne de bonne vie et mœurs, fût-elle idiote 2. Tout ce que le titulaire avait besoin de savoir ne coûtait pas grand'peine ; dans les cas douteux, il avait la ressource de consulter les exégètes. On en était quitte pour observer fidèlement les règlements fixés par les rites; la culture intellectuelle, l'érudition théologique étaient un luxe inutile. Les Exégètes eux-mêmes qui, tout en se rattachant au sacerdoce, n'étaient pas, à proprement parler, revêtus du caractère sacerdotal, n'avaient guère à s'occuper que des côtés extérieurs de la religion'. Ce serait d'ailleurs une duperie de croire que, parmi les Exégètes ou les prêtres, beaucoup aient cherché à se rendre compte des choses qui rentraient dans leurs