Dans le Ménon, p. 81 A
2. Voy. Welcker, Gœtterlehre, t. I, p. 91, et Dillhey, Cydipp., p. 117.
3. Nous n'avons pas à nous occuper des doctrines qu'il aurait empruntées à la prêtresse de Delphes, Themistocléa (Diogène Laërte, 1. VIII, c. I, § 21 . non plus que de la conjecture d'après laquelle la Diotime de Platon aurait été prêtresse de Zeus Xuxaïo; ; voy. le Schol. de Platon !$>/i/nj>sium, p. 45. éd. Jahn\
choix (les Exégètes, quelques critiques ont supposé qu'il s'en servait comme d'instruments pour le maintien de son autorité , n'est rien moins certain; sans compter que nous ne sommes pas à même de juger l'influence que l'oracle exerçait sur l'élection des Exégètes1. Rien ne fait soupçonner que le clergé de Delphes ait entretenu avec eux des communications régulières, et en admettant qu'il ait tenté de les faire servir à ses projets de domination, il resterait à savoir jusqu'à quel point ces tentatives ont réussi. Les Grecs étaient, en religion comme en politique, heaucoup trop particularistes pour qu'une telle entreprise ait été couronnée de succès. L'accord général de leurs croyances laissait place dans le détail à des dissidences nombreuses. La faculté inhérente à la religion grecque de diviser en plusieurs personnalités des dieux adorés partout sous les mêmes noms amena cette conséquence que chaque Etat eut ses dieux et put revendiquer son Apollon, son Artémis, etc.*, de sorte que les prêtres étaient avant tout les prêtres de leur pays et dos divinités locales. D'ailleurs ils n'étaient pas seulement des ministres de la religion, formant dans l'Etat une corporation à part, ils étaient aussi des citoyens et faisaient cause commune avec leurs compatriotes. Ils étaient soumis aux mêmes autorités, et n'avaient pas d'intérêt distinct de l'intérêt général. Ils ne possédaient non plus aucun des moyens, tels que la chaire, le confessionnal et l'éducatioD de la jeunesse, qui permettent à un clergé ambitieux d'asservir les esprits, en dénaturant le caractère de la religion. L'idée d'un antagonisme entre l'Étal et l'Église répugnait au sens des Grecs et ne pouvait leur entrer dans l'esprit ; ils fuient préservés par là de la domination cléricale, qui prétend établir un Etat dans l'Etal ou au-dessus de l'Etat.
\. Tout se borne à la mention d'un -■Jiùyyrlrjxo^ H-r^-r,: : voy. plus haut, p. 19, n. '..