‹ Antiquités grecquesChapitre 426 sur 567 · Scholiàste de Thucydide, 1. II, c · texte numérisé non relu

Scholiàste de Thucydide, 1. II, c

5. Ces fêtes sont distinguées expressément des iopTa: ; voy. le Scholiàste d'Aristophane, Plulus, v. 1120; toutefois les habitudes de langage ont varié- Platon, dans ses Lois (1. VIII, p. 828), désigne sous le nom d'ioptaî tous les jours dans lesquels il doit être sacrifié aux dieux, et il n'en cite pas moins de 305, ayant adopté l'année solaire pour sa république. Les fêtes domestiques, célébrées pour les mariages et les naissances ou en d'autres occasions, s'appellent aussi lopTat. Voy. par exemple Hésychius, s. v. I686p] ; Etymol. magn., s, v. àjjwpiôpôfua et àrcaûXia.

privées '. Ces solennités étaient les fêtes proprement dites, lop-coi. Plusieurs d'entre elles, par leurs processions, leurs banquets populaires, leurs jeux et autres spectacles, attiraient une nombreuse aflluence de curieux, d'où leur venait aussi le nom de rozvYjYopetç. Toutes n'étaient pas également somptueuses. Les Athéniens étaient ceux qui, au temps de leur splendeur, y déployaient le plus de faste et chez qui elles revenaient le plus souvent. D'après un ancien témoignage, elles auraient été deux fois plus nombreuses que dans aucun autre Etat1. Nous ne saunons indiquer un chiffre précis, mais on peut, sans crainte de se tromper, en évaluer le nombre à cinquante ou soixante3 ; c'est à peu près celui de nos dimanches et de nos jours fériés. Il y avait cependant, quoi qu'on ait dit, des populations qui rivalisaient avec les Athéniens pour le nombre des fêtes, et même les surpassaient. Tarente nous en offre un exemple, s'il est vrai, ainsi que le rapporte Strabon, que le uombre des jours fériés y dépassait celui des jours ouvrables4

1. Voy. Schœmann, de Comitiis Athen., p. i9. D'après le Scholiasle de Démosthène (c. Androtion, p. 103, 23 et 119, 9, édit. de Zurich), les prisonniers auraient dû être mis en liberLé sous caution aux Dionysies et aux Panathénées, afin de pouvoir prendre part aux fêtes. Nous laissons cetteassertion pour ce qu'elle vaut; ce qui est plus certain, c'est que les incarcérations et tes saisies ne pouvaient avoir lieu les jours de l'été ; voy. Démosthène, C. Midias, p. 518 et 571 . A plus forte raison, les condamnations capitales ne pouvaient-elles recevoir leur exécution ; voy. Xénophon, Hellenica, 1. IV. c. i, S 2. On lit dans Athénée (1. III, c. 53, p. 98) qu'aucun tribunal ne siégeait durant les Panathénées, et nous devons admettre qu'il en était de même pour les autres solennités dans lesquelles intiTvriKui l'État. Athénée (1. IV, c. 71, p. 171) nous a conservé aussi un décret, en vertu duquel le Sénat s'octroie, à l'occasion des Apaturies, cinq jours de vacances qui évidemment n'étaient pas réglés par la loi, ce qui s'explique tout naturellement quand on sait que les Apaturies, bien que fêtées par tous les citoyens, n'avaient pas cependant le caractère d'une fête officielle. Dans Démosthène (c. Timocrate, p. 708), il est question d'une séance duSénat ajournée à cause de la fête des Kronies. Dans Kénophon, au contraire [Hellen., I. Y, c. 2, §29), nous voyons que le Sénat de Thèbes siégea pendant les Thesmophories. Il n'y a pas lieu de s'étonner de cette anomalie apparente, puisque les Tlii'smopliniïi's étaient célébrées par les femmes el non par les hommes.

2. Xénophon, de Athen. republ., c. 3, § 9; Platon, Alcibiade, II, p. 149.

3. Schol. d'Aristophane, les Guêpes, v. 661 ou 683; voy. aussi Schœmann et Meier, derAttisch. Process, p. 152.

4. On lit dans Strabon l. VI, p.280) : netv8ifaou< ,a;.a//a. f,pi£pa;; voy. les notes de Coray et celles deGroskurd,

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La plupart des fêtes et les plus anciennes sans exception étaient offertes aux dieux, comme aux souverains maîtres de la nature, aux puissances qui gouvernaient les saisons • ■! les

phéi '-Mrs atmosphériques, réglaient les résultats heureux

mi malheureux de l'agriculture et de la sylviculture, en un n n il, le h nient entre leurs mains tous les événements naturels, favorables ou funestes aux hommes. En d'autres occasions, on honorait dans les dieux 1rs auteurs et les protecteurs d'institutions sociales et morales, attributs qui, d'ailleurs, se confondaient souvent avec ceux qui précèdent, les forces de la nature étant aussi considérées commodes êtres moraux, qui se réservaient do distribuer à l'humanité les récompenses et les châtiments. D'autres solennités étaient encore célébrées en commémoration des faits historiques dans lesquels s'était manifestée le plus clairement l'intervention des dieux. Enfin, on pensait que les morts avaient droit, dans les régions souterraines, non seulement au souvenir des parents qu'ils avaient laissés sur la terre, mais aussi à des offrandes et à des sacrifices. Indépendamment des hommages privés que chaque famille, chaque gens rendait aux siens, on ordonnait publiquement en leur honneur des fêtes funèbres, afin d'être sur que les devoirs de piété auxquels il pouvait être manqué eu particulier seraient accomplis par l'unanimité de la population. Naturellement les dieux qui régnaient sur les ombres ne pouvaient être oubliés dans les fêles des morts1.

Les solennités qui avaient trait aux changements des saisons et aux phénomènes réguliers de la nature étaient nécessairement célébrées aux époques de l'année qui répondaient le mieux à leur destination, et par le même motif, on devait, pour celles qui étaient attachées à des mois et des jours déter-

1. Il peut être à propos de remarquer ici qu'en différents lieux l'établissement de telle ou telle tête fut dû à des particuliers, qui par testamentléguaient une somme d'argent ou un immeuble, pour le revenu en être affecté à des fondations pieuses, doublement destinées à honorer les dieux et à conserver la mémoire du donateur. Voy. l'inscription de Théra, publiée par Rangabé (Aniiq. hellcn., n° 893) et celle de Delphes, que A. Michaélis etConze ont fait connaître, dans les Annali delï Instit . archeol., 1861, et dans le Philologus, t. XIX, p. 178.

minés, faire en sorte que ces jours et ces mois fussent choisis dans des saisons correspondant au but de la fête. L'année des Grecs était réglée sur le cours de la lune et composée de douze mois synodiques, qui formaient un total de trois cent cinquante-quatre jours1; elle était donc en retard sur Tannée solaire de onze jours et une fraction. Il en serait résulté que, dans l'espace d'un peu plus de trente ans, chaque mois aurait parcouru toutes les saisons, que par exemple, en partant du printemps, cette saison serait tombée, au bout de quelques années, dans l'hiver, puis dans l'automne, enfin dans l'été, si l'on n'eût trouvé un moyen de réparer ce désordre et d'accorder tant bien que mal l'année lunaire et l'année solaire. Ce moyen consistait à intercaler, de temps en temps, quelques jours, avant que l'écart fût devenu trop sensible. La rectification s'opérait régulièrement, lorsque le temps écoulé comprenait une somme de jours égale à un certain nombre d'années solaires et susceptible d'être partagée exactement entre un même nombre d'années lunaires. Cette période était ce qu'on appelait une grande année (\dyaç iviauioç). I).' très bonne heure on avait adopté, sous ce nom, un espace de huit années solaires, dépassant le même nombre d'années lunaires d'environ quatre-vingt-dix jours, divisés en trois mois intercalaires, de manière que sur les huit années il y en avait trois composées de treize mois au lieu de douze2. Dans ce cycle de huit années,

1. Au sujet des conjectures émises par quelques savants sur une année de 360 jours, composée de douze mois de trente jours, voy. surtout Bœckh Mondcyklen, c. I, p. 2 et 63.

2. Macrobe, Su/uni., I. I, c. 13, p. 273, éd. Zeunius; Solinus, c. I, p. 3, éd. Gœtz ; Censorinus, de Die natali, c. 18, p. 52, éd. Jahn. On lit dans ce dernier passage: « tlanc ôxTaexYiptôa vulgo creditum est ab Eudoxo Cnidio institutam; sed alii Cleostratuui Tenedium primum ferunt composuisse. » Mais ces mots ne nous autorisent pas à révoquer en doute l'existence 'l'une intercalation oclaétérique antérieure, comme l'a fail Lewis dans son livre intitulé Survey ofthe astron. ofthe ancient] ils prouvent seulement qu'Eudoxe ou Cléostrate ontdonné à ce cycle larégularité qui lui manquait. Les conjecture des anciens au sujel 'l'une période triétérique plus vieille onl été contestées par Bœckh (Mondcyklen, I, p. h». 36 el suiv.), avec p moins de raison; voy. Mommsen, dierœm. Ch p. 211. Il n'es impossible que quelques-unes des Pètes triétériques que nous aurons à men tionner plus loin, notamment les Dionysiaques, n'aienl reposé sur une période intercalaire de môme durée.

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qui eûl pu s'appeler octaéléris, mais qu'en fail on désignait sous le nom d'ennaétéris ', les l'\ Lhiqucs étaient célébrées une

fuis; il en lui ainsi du humus jusqu'en l'an 586; les Olympiques, dans le même laps <\<- temps, revenaienl deux fois,

an commence ni el à lu lin de la période. Nous ne pouvons

nous prononcer sur la question de savoir si celte manière de supputer l<' temps avait trouvé place dans [e calendrier de Ions les Elats grecs. Ce qui est certain, c'est que l'ennaétéris pythique et l'ennaétéris olympique ne concordaient pas exactement; il y avait, du moins pour les points de départ, un écart de deux ans, la première année de la période pythique répondant à la troisième année de la période olympique. L'ennaétéris pythique l'ut vraisemblablement introduite à Athènes par Solon. Il parait que, pour la régulariser, on ajoutait à la troisième, à la sixième et à la huitième année un mois intercalaire de trente jours (Uo^eiliùr/ ûWpoç), ce qui donnait à chacune d'elles trois cent quatre-vingt-quatre jours au lieu de trois cent cinquante-quatre. Les autres mois alternaient entre trente et vingt-neuf jours. Ils étaient partagés en trois décades, dont la dernière n'était, une fois sur deux, que de neuf jours. Cette division venait vraisemblablement de ce que, dans le principe, on ne distinguait que trois phases de la lune2. La première commençait aussitôt que la lune devenait visible, et finissait lorsque le croissant avait atteint la forme d'un demicercle, ce qui arrive à peu près, en effet, le dixième jour; la deuxième s'étendait jusqu'au moment où le cercle devenu complet, se réduit insensiblement de moitié ; la troisième jusqu'à celui où le croissant, diminuant de plus en plus, finit par disparaître tout à fait3. Les jours de la dernière décade, correspondant au décroît progressif de la lune, étaient associés, pour ainsi dire, à cet amoindrissement: ainsi le 21 du mois était appelé la dixième journée de la lune décroissante \zi/.y.TQ ©etvovToç, souvent aussi zzv.y-r, ûfrcépa). Le 22 se trouvait être le 9, à partir de la fin; le 23 le 8, et ainsi de suite. Dans

1. La raison en était que le cycle recommençait chaque neuvième année. -. Voy. Bœckh, ibîd., p. 14 : Welcker, Gœiterlehre, t. I, p. 555. 3. Hévélius a figuré dans sa Seîenographia (Dantzig, 1017' les modifications apportées chaque jour clans le croit et le décroît de la lune.

les mois vides, c'est le nom qu'un donnait aux mois de vingtneuf jours par opposition aux mois pleins; le 28 s'appelait, comme dans les mois pleins -y'r.r, ©Ôi'vcvtoç, mais il était immédiatement suivi de Yh^v.z. via l, nom sous lequel était désigné la dernière journée de tous les mois indistinctement, parce qu'elle voyait la lune disparaître et reparaître. Le mot tptxxâç. bien qu'il ne s'appliquât exactement qu'au dernier jour des mois pleins, désignait aussi, dans l'usage habituel, le vin°lneuvième jour des mois incomplets. Plus tard, à la place du cycle de huit années, les astronomes en proposèrent de plus exacts; nous nous bornerons à citer celui de dix-neuf ans < ÏTiix/.y.'Zv/.y.i-rly.: , dû à Meton, contemporain de Périclès parce qu'il fut longtemps après, il est vrai, utilisé pour la rectification du calendrier, en particulier chez les Athéniens. Des détails plus circonstanciés, sur un sujet dont beaucoup de points restent encore obscurs, dépasseraient les limites de notre travail"; nous ne devons pas cependant passer sous silence que, tant que dura la liberté de la Grèce, il n'y eut pas d'accord général entre 1rs calendriers des divers États. Le particularisme, qui fut un des traits du caractère national, .se révèle aussi dans cet ordre d'idées. La supputation des années, l'ordonnance et les noms des mois variaient, suivant les pays; on s'accordait sur ce seul point que les mois étaient presque sans exception dénommés d'après les fêtes solennelles dont ils ramenaient la célébration, preuve évidente du lien qui rattachait Le calcul du temps au culte, pour lequel c'était une nécessité que, du moins, les fêtes de la nature tombassent toujours dans la saison dont elles saluaient le retour.

Autant que l'on peut en juger, les Athéniens, comme en

i. Voy. Schœmann, de Comitiis A.then.} \>. 36, ri. poui des vue- différentes, Hermann, Gôttesdienstl. Alterth., § !■">, II. Les exprc .■•/.■A •Av. TToorlpa sont aussi employées à désigner l'avant-dernier jour du mois mais seulemenl a une époque postérieure >■[ pour les mois qui d'apr cycle intercalaire alors en usage, étaient es d'un jour. Mans combinaison, le trentième jour est appelé :vy] ■/.%■. véa ètxêôXttio;, le vingtneuvième ïv/) ■'■■>'.'. via -y''- ;• •'. Voy. Bœckh, Mondcyklen, p. 12, et epiqr chronol. Studien, p. 67.

2. Voj . Bœckh, Mondcyklen, p. 29 et L3, el E. Muller, dans la Zeitschr /. die Alterthiimswissenschaft, 1857, p. 555 el 562.

."ilili wiii.'i 1 1 ES RELIG1EI SES

général tous les peuples il»' race ionienne, firent, dès le principe, commencer L'année à La nouvelle lune qui suivait le solstice d'été. Le premier mois s'appelail Bécatombaeon; le second Métagéitnion, ou, chez d'autres populations ioniennes Bouphonion ; le troisième portait le nom de Boédromion, affecté ailleurs au quatrième, qui, chez les Athéniens et en généra] chez les Ioniens, était le mois de Pyanepsion : le cinquième était appelé, à Athènes, Maimaktérion, dénomination qui, chez quelques populations de même souche, était remplacée par celle d'Apaturion, et au dehors, parcelle de Kyanepsion, autre forme de Pyanepsion. Le sixième mois était le mois de Poséidon, et ailleurs, par exemple à Cyzique, celui d'Apaturion; au septième rang venaient Gamélion à Athènes, Lénaion dans d'autres pays, tels qu'Lphèse, Smyrne, Éréliie, Poséidon à Cyzique. Le huitième mois était en général désigné sous le nom d'Anthestérion, que quelques-uns remplaçaient par celui de Lénaion. Anthestérion était suivi d'Elaphébolion, ou, dans d'autres contrées, d'Artémision : ailleurs encore, Anthestérion était le neuvième mois. Pour le dixième, les noms variaient entre Munychion, Artémision ou Anthestérion. Le onzième s'appelait Thargélion, et ailleurs, par exemple à Cyzique, Kalamaion. Enfin, l'année finissait, à Athènes, par le mois de Skirophorion, à Cyzique, par celui de Panémos, à Erétrie, par celui d'Hippios. — Les Doriens paraissent avoir choisi pour point de départ de l'année le solstice d'automne. Les noms de leurs mois ne sont pas tous connus, mais ce que l'on en sait témoigne que, comme chez les Ioniens, ces noms étaient en rapport avec les fêtes des dieux, et que l'on retrouvait la même variété dans les différents Etats. Ainsi, le premier mois s'appelait, chez quelques-uns d'entre eux. Héraios ou Hérasios, du nom de la déesse Héra ; chez d'autres, Dalios, du nom de l'Apollon Délien; dans d'autres pays, au contraire, cette qualification de Dalios servait à désigner le second mois , nommé aussi quelquefois Apellaios ou Apollonios. C'est seulement pour le septième mois, Artémisios ou Artamitios, qui répondait en partie au mois d'avril, et pour le onzième, Karneios, coïncidant à peu près avec le mois d'août, qu'il y avait accord entre les diverses

CULTES OFFICIELS ET SOLENNITÉS RELIGIEUSES o27

populations doriennes, autant que nous permettent d'en juger des indications fort incomplètes. — Enfin les Éoliens faisaient, à ce qu'il paraît, commencer l'année avec le solstice d'hiver. Le nom du premier mois était, chez les Béotiens, Boukatios, synonyme de Bouphonios ; il était emprunté aux grands sacrifices de taureaux que l'on avait coutume d'accomplir au début de l'année ; mais à Lamia, dans le Phthiotidc, on désignait ainsi le dernier mois, qui,, chez les Béotiens, avait emprunté le nom d'Athêna Alalcomène. Le mois d'Alalcoménios ne se retrouve chez aucun autre peuple éolien. La race éolienne, composée d'éléments très divers, témoignait de très peu d'accord sous ce rapport comme sous beaucoup d'autres \

Les jours qui, dans chaque mois, étaient marqués par des fêles, s'appelaient les temps consacrés, Upc^vui. Le nombre en variait, suivant les différents mois, ainsi que la durée de chaque hiéroménie, qui tantôt se composait de plusieurs jours, tantôt se réduisait à un seul 2. Durant ce temps, toute affaire étrangère à la solennité était suspendue, aucun tribunal ne tenait séance, aucun jugement ne recevait d'exécution ; rien ne devait troubler la paix générale ni les joies de la fêle3. Dans les occasions où affluaient les visiteurs venus quelquefois de contrées lointaines, aux Kleusinies par exemple, la trêve divine ou Kkécheirie était annoncée par des hérauts envoyés dans la Grèce entière ; tous ceux qui se rendaient en Atlique sollicitaient des saufs-conduits, et il était très

1. Sur les preuves à l'appui «le ces détails particuliers, voy. C. F. Hermanii, ueb. griech. Monatskunde, Gœttingue, 1844; Th. Bergk, Beitr. zur griech. Monalsk., Giessen, 1845, et Ahrens, zur griech. Monatsh., dans le y. IHirin. Muséum, t. XVII, p. 329 et. suiv.

2. Scholiaste de Pindare (Néi/u'amcs , JU, v. 2 : Harpocralion et Hésychius, s. v. : Etymol. magn.,p. 169, dont Hennaun conteste avec raison es explications. Les expressions de Thucydide (1. Y, c. 54) : Kapveîo; 8' rjv

!A/,v, t£po|j./)vîa AwptcOa-t ne doivent pas être prises a la lettre et ne veinent pas dire que le mois se passât en fêtes, du commencement jusqu'à la lin, et fût exactement désigné par le mot de Upo|j.ïjvia, bien que parfois le mois dans (•quel (Hait célébrée la fêle principale d'un dieu lut considéré comme consacré ,i ce dieu : ainsi le mois d'Anthestérion à Dionysos, celui de Thargélion à Apollon ; voy. Harpocration s. v. Anthest. et Tharg. ; Hésychius s. v. ©apy^Xia,

;î. Démosthène, c. Midias, § l<», p. 518, et ji 35, p. 525 ; c. Timocrulet § 29, p. 70'.) ; Corpus Inscritft. grssc, n° 3641 b, v, 24, t. II, p. 1131.

■ >2X \\ i IQl ni. s RELIGIEI SES

rare que cette requête fùl rejetée1. D'après un documenl épi graphique encore existant2, l'Ékécheirie s'étendait, pour les grandes Eleusinies, du 13 Métageitnion au 10 Pyanepsion, et

I r les petites, du 15 Gamélion au lu Elaphébolion ; elle

durail par conséquent, dans les deux cas. un mois et demi el <li\ jours". Pour les premières, l'hiéroménie tombai! dans le mois de Boédromion, pour les secondes dans le mois d'Anthestérion. Les étrangers avaient ainsi tout le temps néces saire pour aller et venir sans encombre.

Isocrale dit des Athéniens' que. dans le lion vieux temps, leurs ancêtres lémoignaieut leur piété non par la magnificence des fêtes, mais par l'observance consciencieuse des rites traditionnels ; que plus lard, au contraire, les dépenses se sont accrues, que de nouvelles fêtes ont été instituées, que des banquets populaires ont été servis aux irais du public, tandis que l'on négligeait ou que l'on abandonnait tout à fait les anciennes et naïves pratiques ; ce tableau peut s'appliquer à toute la Grèce. Plus nombreuses, les solennités devinrent aussi plus brillantes avec le temps, et le luxe extérieur qui accompagnait le service divin ne témoigna pas d'un progrès dans la dévotion. Rien n'était moins propre,, en ell'et, à éveiller ni à entretenir le sentiment religieux. Les accessoires i\<>s fêtes étaient devenus pour la foule l'objet essentiel ; on se mêlait à ces grandes assemblées, moins pour faire honneur à la divinité que pour jouir de la pompe qu'on ydéplovait, pour applaudir aux jeux et aux spectacles, et prendre sa part des banquets b. Lorsque les prêtres célébraient simplement les fêles des dieux avec le concours de quelques lidèles, la foule ne s'en inquiétait guère. Nous ne voulons pas pour cela méconnaître le sens qui souvent s'attachait à cet appareil extérieur. Sans doute, l'idée de se présenter aux dieux sous

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