‹ Antiquités grecquesChapitre 427 sur 567 · Voy. YAréopagite, c · texte numérisé non relu

Voy. YAréopagite, c

5. Xénophon, de Athen. vepubl., c -.', .5 9; Lucien, Timon, c. 4.

les plus brillants dehors, de sacrifier ce que l'on possédait de plus beau et de faire de son mieux, fut aussi une idée pieuse, inspirée par la reconnaissance et le respect1; mais il est fort douteux que dans la pratique la foule ait été guidée par un sentiment aussi pur. Il n'est pas nécessaire de répéter ici que dans les fêtes, non plus que dans les autres actes du service divin, il n'y avait pas de place pour un véritable enseignement religieux. On prononçait des prières, on faisait entendre des hymnes, des péans et d'autres chants sacrés; quelquefois des rhapsodes se disputaient le prix en récitant les poèmes d'Homère ou d'autres aèdes ; dans certaines solennités, on représentait des tragédies, des drames satyriques et des comédies, mais quelque admiration que l'on doive ressentir pour ces œuvres, si disposé que l'on soit à reconnaître l'influence morale qu'une tragédie de Sophocle ou dVEschvle par exemple, pouvaient inspirer et inspiraient en effet à des esprits aussi sensibles à la beauté que l'étaient les Grecs, on ne peut nier que l'effet de ces chefs-d'œuvre ne fût beaucoup plus esthétique que religieux. Platon, au sujet de ces solennités, telles qu'il les concevait, s'exprime en ces termes : « Les dieux, prenant en pitié la condition des mortels, ont institue les fêtes, pour les reposer de leurs travaux, et ont associe a ces récréations les Muses, le coryphée des Muses. Apollon, et Dionysos, en vue d'ennoblir l'existence humaine et d'exercer sur les âmes l'influence bienfaisante du rythme et de l'harmonie... 11 faut donc avoir soin de n'introduire dans les fêtes que des chants, des danses et des spectacles qui répondent a ce but el soient dignes des dieux. a » < >n sait assez que, dans la réalité, les choses ne répondaient pas exactement a la pensée de Platon.

Un tableau des Cèles ne saurait prétendre à être complet. La plupart des documents parvenus jusqu'à nous ne contiennent, en effet, que des indications de noms. La méthode la plus simple nous parait être de passer successivement en revue les dieux auxquels les fêtes étaient consacrées, en com-

2. Dans les Lois, 1. II. c. I. p. 653; cf. I. \ 11, c. s. p. 799.

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mençanl par les solennités athéniennes, sur lesquelles nous sommes le mieux renseignés, et par les premières en date, pour redescendre jusqu'au bout Le cours de l'année. Nous espérons ainsi marquer plus facilement ta place que chacun

d'eux occupait dans le culte, création vivante de l'imagination populaire, et l'idée qu'il représentait; c'est là surtout ce qu'il iinporle de connaître.

Apollon ouvre le chœur. C'est en son honneur qu'étaient accomplies, dès l'ouverture de l'année, les hécatombes d'où le premier mois a reçu son nom. Le jour où avaient lieu ces sacrifices n'est pas fixé; nous pouvons donc choisir entre le premier qui, ainsi qu'on se rappelle, était consacré chaque mois à Apollon d'après Philocorus, et le sept, qui lui était également dévolu. Apollon n'était pas, chez les Athéniens, au nombre des divinités indigènes; son culte ne remonte pas chez eux au delà du temps où des hordes helléniques, parties de la Thessalie méridionale, vinrent s'établir en Altique et se mêlèrent aux Ioniens pélasgiques1. Plus tard, l'idée attachée à ce dieu se développa surtout dans le sens moral; cependant, sous beaucoup de rapports, il resta le dieu de la Nature et nous pouvons nous fier aux témoignages d'après lesquels les sacrifices du mois d'IIécatombaeon lui auraient été offerts comme au dieu de l'astre qui, en effet, manifeste surtout sa puissance, bienfaisante ou funeste, au moment où il arrive à son point culminant 2. — Les Métagéitnies, qui ont donné leur nom au second mois3, étaient aussi célébrées en l'honneur d'Apollon, considéré non plus comme dieu de la Nature, mais, ainsi que ce mot l'indique, comme principe de la liberté d'aller et devenir, dont l'usage en Attique ne fut assuré à tous

1. Voy. Schœmann, Antiq. grecques, t. I, p. 362. La discussion plus complète qu'annonçait l'auteur a trouvé place dans ses Opusc. aeud., t. !, p. 157 et suiv.

2. Lexlcon Seguer., p. 247. En l'absence de renseignements précis sur une lète d'Apollon célébrée officiellement au nom de l'Etat dans le mois d'Hécatombaeon,il est permis de supposer avec Mommsen (Heortol., p. 107), que les Phratries seules offraient les sacrifices et que la fête avait lieu le 7. attendu qu'une inscription publiée dans le Corpus parle d'un jepov 'AnoiXtaio; !65o[MKou, appartenant à la phratrie des Achniades.

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