Voy. Bœckh, Staatshaush., t, I, p
3. Lorsque Hérode Atticus fut chargé de pourvoir aux dépenses de la fête, il fit mouvoir le vaisseau, non à l'aide d'animaux de trait, mais par le moyen de machines souterraines; voy. Philostrate, Vitae Sophist., 1. II. c. 1, § 7 L'opinion exprimée par Muller (Kleine Schriflen, t. 11, p. 159) et par Jahn (L'eipz. Sitzungsber., 1861, p. 333), que jusque-là on n'avait pas vu figurer de navire dans la procession, manque de vraisemblance ; voy. l'inscription publiée dans les 'Eç/ija. àoyxto'/-. 1862, p. <i64, qui date de l'intervalle compris entre les années 301 et 287 avant J.-C. 11 est clair que le vaisseau ne pouvait être hissé sur le rocher de l'Acropole ; voy. Beulé, \'A<T>>poh\ t. I. p. 1 Î7.
sa protectrice entouré de tout ce qu'il possédait de plus beau, de plus respectable et de plus brillant. Outre les prêtres et les serviteurs du temple, qui conduisaient d'innombrables victimes richement parées, outre les femmes et les filles qui, sous le nom de Ganéphores et d'Erséphores , portaient des objets consacrés dans leurs corbeilles et dans leurs vases, la pompe comprenait des vieillards, chez lesquels l'âge n'avait altéré ni la noblesse ni la beauté et qui, revêtus d'habits de fête, tenaient à la main des branches d'olivier, d'où leur était venu le nom de Thallophores. Toutes les tribus rivalisaient à qui présenterait les plus beaux' ; celle qui avait remporté le prix recevait, sur la caisse de l'Etat, cent drachmes qui devaient être employés en un sacrifice. Les frais nécessaires pour mettre les Thallophores en mesure de disputer la victoire étaient le produit d'une liturgie imposée aux plus riches de la tribu. Une autre partie de la procession était formée d'hommes vêtus du costume militaire et armés du glaive et du bouclier. On distinguait encore, ici les éphèbes, là les cavaliers brillamment équipés, qui s'avançaient sous la conduite de deux Uipparques, enfin, tous ceux qui, dans les concours, avaient remporté des prix. Les regards étaient surtout attirés par la file brillante des conducteurs de chars. Ce n'étaient pas seulement les citoyens qui prenaient part à la fête; les étrangers qui vivaient dans la ville de la Déesse, sous la protection de ses lois, autrement dit les métèques, avaient aussi une place dans le cortège, mais une place en rapport avec l'infériorité de leur condition. Des hommes appartenant a celte classe marchaient derrière les citoyens, avec des vases remplis de gâteaux pour les sacrifices; les femmes portaient des cruches d'eau, les filles des sièges et des ombrelles qui protégeaient
1. C'est lu ce qu'on entendait par les mots iywv eùavSpîaç, que l'on rencontre souvent. Ou peut voir à ce sujet des détails très précis 'lins la dissertation de Sauppe citée ['lus haut, p. s. nu ne sail au juste s'il exislail pour les autres âges des concours de même nafare. Il est probable que les ri\ i de beauté, xaXXi<jreîa, auxquelles nu se livrait, entre les femmes, à 1. it à Ténédos; à la Pète de Héra ; entre les hommes, a Élis el a Basi i-, en Aïcadie, étaient relevées par la même intention morale ; voy. les >
YUnuir, I. IX, Y. US, ri Atlit'll.v. I. \ 1 1 1 , ,■. .ai. p. 565, etc. 90, p.
550 \\ i ininrs HELIGIEl si s
les citoyennes d'Athènes contre les rayons du soleil. Aux affranchis revenail le soin de décorer, avec des branches de chêne, la place el les rues que devail traverser la procession. Enfin les États étrangers, surtoul les colonies athéniennes, se faisaient représenter par des ambassadeurs chargés d'offrir à la Dresse des présents et dçs sacrifices, H qui avaient en récompense leur rang marqué dans le cortège. Cette panégyrie, on le voit, frappait les regards par l'éclat el la magnificence du spectacle, non moins que par le nombre de ceux qui la composaient; elle avait en outre un sens profond. Les premiers jours, les citoyens s'étaient distingués excellemment dans les arts agréables à la Déesse et dont elle-même était l'inspiratrice, par exemple dans l'art de dresser les chevaux ; les courses nocturnes aux flambeaux avaient trait aux attributions naturalistes d'Athèna; mais surtout Ja procession qui terminait la fête, et le péplos qui lui était offert rendaient visiblement témoignage de la puissance victorieuse qu'elle avait déployée dans sa lutte contre les géants, de la force et de la vertu dont les grands citoyens s'étaient sentis animés par elle, de la richesse et de la prééminence auxquelles le peuple athénien s'était élevé, grâce à son appui. — Quelle différence existait-il entre les fêtes annuelles et les fêtes quinquennales? Nous ne saurions le dire exactement. Il parait acquis que les petites Panathénées tombaient aussi dans les derniers jours du mois d'Hecatombaeon, et non, comme l'ont prétendu quelques critiques, dans le mois de Thargélion1. On ne peut douter qu'on n'y célébrât des jeux, bien qu'en moins grand nombre et avec moins de variété. La cérémonie se terminait certainement aussi par une procession allant offrir à la Déesse les présents
1. Voy. Meier, Panathen., p.280; Bœckh, Staatshaush.}t It, p. 8. Malgré l'opinion de quelques critiques, je ne puis admettre que les petites et les grandes Panathénées aient été célébrées séparément dans une même année, Ce qui distinguait les grandes Panathénées c'est uniquement l'addition des concours qui ont pu faire dire à Bœtticher (Philologus, t. [XVIII, p. 1 17) que ces solennités n'avaient point le caractère religieux des fêtes accomplies dans le temple et faisant partie intégrante du culte; mais il ne faut pas étendre cette conjecture qui ne porte que sur les additions en elles-mêmes, destinées à rehausser l'éclat d'une fête à laquelle ne manquaient nullement les actes relie-ieux.
qu'on supposait lui plaire, mais onnepeut affirmer, bien que la chose ne soit pas invraisemblable , que l'on portât au temple un péplos, moins grand dans tous les cas et moins orné. Il est possible que ce péplos de moindre dimension servît à parer l'ancienne statue de bois de la Déesse et que L'on fit du grand un rideau ou une tenture, pour recouvrir les parois du temple1. Plus tard, les Panathénées furent reportées au printemps et, paraît-il, h la fin du mois d'Anthestérion. Peut-être cet ajournement fut-il dû à l'influence romaine. La fête ainsi se trouvait correspondre au Quinquatrus de Minerve, qui remplissait, à Rome, l'intervalle du 19 au 23 mars2.
Une seconde fête était célébrée le dernier jour du mois de Pyanépsion, en l'honneur d'Athêna considérée comme la patronne des arts et métiers qu'elle-même avait enseignés aux Atbéniens, d'où lui était venu son surnom d"EpYàvvj. Conjointement avec Athêna, on fêtait fléphaistos, dieu des forgerons et de tous ceux dont l'industrie s'exerce à l'aide du feu. Cette solennité s'appelait XaXxeta, mais on lui donnait aussi le nom d"A0rjvaT« '. On se rappelle que, ce mémo jour, on commençait à travailler au péplos. Nous manquons de détails sur 1rs yyjy.v.y.. Nous savons seulement que, dans une haute antiquité, c'était une fête populaire, à laquelle tout le monde prenait part; ce fut postérieurement qu'elle devint spéciale aux artisans et surtout aux forgerons *.
Les derniers mois de l'année, Targélion et Skirophoripn, ramenaient deux fêtes empreintes toutes (\vux d'un caractère profondément religieux, mais dont la signification •'•lait très différente. L'une, qui se prolongeait du l!l au :2!l de Thargélion, était consacrée à purifier le temple, à le mettre à neuf,
1. Voy. Bœtticber, Teklonik, t. Il, p. 28, et dans le Philologus, t. XXII. I'. il.".. Pollux (t. VII, 50) dit cependanl en termes généraux que le p d'Athêna était un liziô\v\\i.ai,