Piularque, de Malign. Herodoti, c
6. Xénophon, Hellen., I. IV, c. 2. § 20. A Sparte, Artéaiis portait aussi le surnom de i\yt\uir£t\. Voy. Pausanias, 1. Iil, c. 14, § 6.
dans les Élaphébolies. A en juger par le mois d'Elaphébolion, qui occupait le neuvième rang sur le calendrier attique el répondait à peu près au mois de mars, les Elaphébolies étaient aussi une fête athénienne, bien que nous n'ayons pas sur ce point d'indications précises1. On les avait ajournées à cette saison, sans doute parce que c'était le moment de se livrer à la chasse pour défendre les récoltes déjà sorties de terre contre les ravages du gibier. Les Elaphia étaient aussi, à Elis, une fête du printemps2 ; à défaut de cerfs, on y offrait à Arthémis des gâteaux qui en alfectaient la forme. — Il existait encore en Attique une troisième fête, consacrée à Artémis, en tant que déesse de la lune ; mais il faut bien se garder de prendre cette qualification trop h la lettre. La déesse de la lune, à proprement parler, s'appelle, comme la lune elle-même, Séléné, et aucune fête n'était célébrée en son honneur ;. Artémis est avec la lune dans les mêmes rapports qu'Apollon avec le soleil; elle plane au milieu du principe humide el nutritif qui agit dans la terre, dans les eaux, dans l'air, el dont la lune surtout parait être le foyer et le conducteur (•('■leste, de même que le soleil est le principe lumineux el vivifiant auquel préside Apollon. Il est clair qu'il n'y avait la qu'un pas à faire pour proclamer Artémis déesse de la lune et Apollon dieu du soleil ; on sait comment s'opèrent ces confusions. Artémis Mcovu^t'a * est incontestablement la souveraine
1. Ni dans Athénée (1. XIV, c. 55. p. 64ti , ni dans le Lexicon Seguer. p. 249), on ne peut voir sûrement s'il est question d'Athènes, bien que cela
ne fasse guère de doute pour le passage du Lexicon.
2. Voy. Hermann , Monatshunde , p. 57, et GœUesdienstl. Uterth., § 51, 8.
3. Scholiaste d'Aristophane, la Paix, v. 112. .Nous aurons ;l revenir plus tard sur les Pandies, dont la signification n'est pris nettement déterminée.
i. La première partie du nom ne peut s'interpréter d'une manier rtaine,
ou n'est pus même bien sûr que la seconde exprime l'idée de nuit. D'après Ahrens (.Y. Rhein. Muséum, t. XVtl, p. 362), la déesse avait emprunté ce surnom à la presqu'île Munychie, qui elle-même devait peut-être son nom à un héros éponyme appelé Mouvtyo;, qUj esL Im diminutif de l'équivalent de (j.ovoysv^ç. Souvent, sur les monuments épigraphiques, le mois de Munychion est écrit par un - à la place d'un u : Mouvrçciiv pour Mauvu- ■/uov. Voy. par exemple 't.Va'- àpxouoX., L862, |». ;:, et le Pkilislor, t. I. lab. I.
■;00 UN i IQl l H s RELIGIEUSES
ilr La lune, bien que l'on ne puisse ad Lire la s) non) mie de
celle épithète avec povowylu. C'est à la lune aussi qu'avail emprunté son nom le dixième mois, [xouvu^iwv, qui répondail approximativement au h mi s d'avril. L<' 16 de ce mois, de g rands gâteaux de forme arrondie el entourés de cierges (âu.?i?wvTeç) ' élaienl portés en procession au temple de la Déesse, comme emblèmes de l'astre qui lui était soumis. Ce temple étail situt'1 dans la presqu'île de Munychie, qui borde au sud le port du Pirée. — C'était surtout aussi l'action exercée parla Déesse an moyen de la lune que l'on avait en vue dans la fête d'Artémis Brauronia. Nous ne sommes pas en mesure de fixer la date de cette solennité ; elle n'était pas annuelle mais revenait au moins tous les cinq ans. A l'origine, elle se célébrait dans une localité appelée Brauron ; plus tard, elle fut admise comme fête officielle, et Artémis Brauronia obtint même un temple sur l'Acropole2. Des brebis lui étaient offertes en sacrifice par le collège des dix Ieropoioi''. Dans les Brauronies figuraient des rapsodes qui récitaient des chants d'Homère* ; toutefois, ce qui distinguait surtout ces fêtes, c'était la part qu'y prenaient les filles des citoyens âgées de cinq ans au moins el de dix au plus. Elles étaient consacrées à la Déesse et recommandées à ses bonnes grâces dans une cérémonie dont le détail nous échappe. Cette situation se prolongeait cinq ans, durant lesquels les jeunes filles ne pouvaient se marier. Vêtues d'habillements couleur de safran, que relevaient des broderies multicolores, elles se rendaient au temple en procession, conduites par leurs mères. La présentation dans le sanctuaire et la consécration déterminaient le caractère religieux de la fête, qui était surtout fréquentée par les femmes. Il n'en fallait pas davantage aux anciens pour établir une relation entre Artémis, déesse virginale de la lune, et le sexe féminin dans sa fleur. Les filles attachées à son culte
v. 16. Mommsen se demande [Heort., p. 467) si ce mot ne serait pas d'origine sémitique.