Voy. Schneider, ibid. p
poêles, doués de facultés brillantes, s'engagèrent dans la voie frayée par ïhespis, les uns s'adonnant à la tragédie, les autres à la comédie, auxquelles on joignait d'ordinaire, pour clore la représentation, un drame satyrique qui laissait les spectateurs dans une disposition d'esprit plus calme. Suivre le développement de l'art dramatique serait empiéter sur l'histoire littéraire; mais quiconque, partant des modestes débuts de Thespis arrive à contempler les hauteurs auxquelles se sont ("levés .Eschyle et Sophocle, reconnaîtra dans leurs œuvres la plus noble manifestation du génie grec et particulièrement du génie attique. Leur théâtre est, en effet, la plus excellente production qu'ait enfantée la poésie d'aucun peuple : on ne peut le lire sans se sentir pénétré d'admiration non seulement pour les esprits qui l'ont créé, mais pour le peuple qui en faisait ses délices et qui ennoblissait par un semblable spectacle ses fêtes religieuses.
Les Dionysies rustiques ne se célébraient jamais dans la capitale, mais seulement dans les dêmes, quine pouvaient tous faire les frais de représentations dramatiques ; ces dépenses n'étaient à la portée que des plus grands et des plus riches. Quelques dêmes, comme le Pirée, qui était devenu une ville populeuse, se bâtirent des théâtres en pierre ; d'autres durenl se contenter de constructions provisoires en bois. Tel était le théâtre du Kollytos, bien qu'il ait été avec le temps rattaché à la capitale1. Lorsque le nombre des œuvres dramatiques se fut accru, on ne représenta guère sur les scènes de province que les pièces qui axaient été déjà jouées dans la ville. un peu parce qu'elles pouvaient être ainsi montées à moins de frais, un peu aussi parce que les auteurs étaient [dus Haltes de se produire d'abord devant un public pins nombreux et plus
I. Voy. Schœmann, A.nliq. grecques, !.. I. |>. 422, n. On peut consulter, sur les représentations du Kollytos, /Eschine, '•. Timarque, p. I">s: Démosthène, de Çorona, § 180, et sur le théâtre d'Axioné, Revue archéol., t. M. 1865,p. 1 55, et Philologus,t. XXII. p. 568. Une inscription publiée pa I mant (Recherches archéoL, p. 272 constate aussi l'existence d'un théâtre i Eleusis. Il subsiste encore des ruines de celui que possédail le dôme de Thorikos; voy. Leake, die Demen, p. ">s. Enfin, la célébration des Dionj sies ù Salamine, avec représentations tragiques, esl attestée par une inscrip don que l'on peul lire dans les Antiq, hellén. de Rangabé, t. II. p
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éclairé. — Les Dionysies champêtres étaient suivies des L<
néennes, fioul le iidin signifie, d'après l'interprétation la plus ordinaire el la plus probable, la fête des pressoirs. Elle tombait dans le mois appelé, chez les Athéniens, < ramélion ', mais qui ailleurs, notamment dans plusieurs colonies fondées par Athènes sur les côtes d'Ionie, portait aussi le nom de Lénaeon2. Ce mois commençait vers le solstice d'hiver. Le retard apporté à la fête urbaine des pressoirs tenait à ce que celle solennité devait être commune à la contrée toute entii n et qu'il fallait attendre que tous les dêmes eussent achevé leurs Dionysies champêtres. L'emplacement consacré aux grandes Dionysies élail le sanctuaire de Dionysos, nommé Lénaeon, situé au sud de l'Acropole, et dont l'étendue considérable renfermait deux temples du Dieu. Dans l'un de ces temples, Dionysos était honoré smis le surnom d'Eleuthérieu3, parce que son culte, depuis longtemps déjà en vigueur dans le dème d'Ikarie et autres lieux, était arrivé- de Béotie chez les Athéniens, en traversant Éleuthères \ ville autrefois béotienne, qui de bonne heure avait été rattachée à l'Altique. Les Athéniens citaient encore le nom du personnage qui était venu d'Eleuthères leur apporter le Dieu; il s'appelait Pégasos". Il est probable que le temple de Dionysos ne fut pas tout d'abord érigé à l'intérieur de la ville, mais en dehors, près de l'Académie 6. En sa qualité de divinité rustique , Dionysos inspirait une médiocre considération aux Eupatridesd' Athènes, jusqu'au moment où, suivant la légende, il déchaîna sur la population une horrible maladie, et. où l'oracle ordonna aux Athéniens de le recevoir parmi eux ' . La fête du mois de
1. Le jour ne saurait être fixé avec certitude. Cependant en comparant deux passages d'une inscription publiée dans le Philiftor (t. I, a0 1, v. Gî et GG), on peut conclure que les Lénéennes tombaient dans la première décade du mois, en admettant toutefois que le sacriiiee dont il est question et ta procession des Ephèbes se rapportent effectivement aux Lénéennes.