Scholiaste d'Aristophane, Acharn., v
Gamélion se passait à peu près comme la précédente, sauf que l'on y déployait un plus grand luxe et que Ton se piquait de plus de délicatesse. Si les Phallophories et les chants phalliques y occupaient toujours une place importante, les dithyrambes plus sérieux et plus solennels tendaient à prendre le dessus dans la fête urbaine1. Ils étaient chantés par des chœurs cycliques, composés de cinquante musiciens qui exécutaient en même temps autour de l'autel une marche dansante. Depuis que l'on avait commencé à combiner les mélodies des chœurs avec le drame, il était naturel qu'une action gaie fut accompagnée par les chants phalliques, une action sérieuse par les dithyrambes, et ainsi s'explique que la comédie ait tiré son origine des premiers, la tragédie des seconds. Rien n'autorise à croire que des comédies aient éle seules représentées dans les Lénéennes, comme quelques critiques le supposent. Nous avons peu de choses à dire des autres usages. Nous serions autorisés à supposer que les Lénéennes avaient aussi leur procession solennelle, abus même que le fait ne sciait pas expressément attesté2. Il est vraisemblable que l'on allait chercher l'image de Dionysos Éleuthérien dans le temple du Lemeon où elle était conservée !, que de là on l'apportait dans celui qui était voisin de l'Académie, et que naturellement on la reconduisait à son séjour habituel. Ainsi se trouvait consacré le souvenir de l'accueil qui avait jadis été fait au Dieu, et celui du développement que son culte avait reçu depuis. .Mais l'attrait principal était toujours les représentations dramatiques. Le concours d'artistes et les sommes d'argent qu'elles exigeaient montrent le prix que les Athéniens attachaient à ces joui sauces. La formation et la préparation de chœurs comiques, tragiques et satiriques, était une liturgie imposée aux citoyens opulents. Les prix décernés aux vainqueurs étaient acquittés
t. Au sujet de ce num, «iui est expliqué généralement d'une manière bizarre, on peut hasarder la conjecture qu'il est une corruption du mot SiOpîa[j.ooç. ©ptajuSo; ou Tpia(jt,6o« répond au latin tripudiwn, tripediuniy eu allemand Dreitritt, eu Français trépied; voy. Horace, "</., I. Ml, H, v. 16; Oviile, Fasti, 1. VI, v. 330. AiOpi ^6oç signifie doue un doublé trépied.