Voy. plus haut. p. 459 et
2. Plutarque, Alexandre, c. 2. Les anciens étymologistes faisaient venir le nom de MifAcdXôvsç de |Aifj.£î'cs-Ooa.
3. Seholiaste de Perse, Sat. I, v. 101 ; Schol. de Lycophron, v. 771 ; on explique aussi ce nom d'autres manières. '
de symboles mystiques, elle se livraient à des courses nocturnes, éclairées par la lueur des torches. Le son des tambourins et des llùtes accompagnait leurs chants et leurs cris '. On immolait des bœufs, des boucs ou des animaux de la foret, des paons, des daims et autres victimes semblables, mais au lieu de les dépecer, les Bacchantes les déchiraient et avalaient la chair crue, en souvenir du supplice que les Titans avaient fait souffrir à Zagreus2. Nous trouvons des traces de ces orgies triétériques en plusieurs lieux : à Thèbes, où les Ménades erraient sur le Cythéron ; à Tanagra, à Delphes, à Argos, à Brysae et sur le Taygète, en Laconie, dans les îles de Naxos et de Crète 3. Par suite, cependant, de leur origine barbare, qui ne peut guère être contestée, ces cérémonies ne trouvaient pas accès partout, et là même où elles étaient admises, elles n'avaient pas toujours un caractère aussi licencieux4. En Altique, bien que plus d'une solennité brillante y fut consacrée à Dionysos, il n'est pas question des orgies des Ménades ; nous voyons seulement que les habitants il.' cette contrée envoyaient des chœurs de femmes à la fête triennale de Delphes'. Dans cette dernière ville, on montrait, au fond du sanctuaire le plus reculé du temple d'Apollon, un tombeau de Dionysos, sur lequel les oaiot accomplissaient des sacrifices, tandis que près de là, dans les vallées du Parnasse. les Tbyades réveillaient le Licnite15, c'est-à-dire évoquaieni le dieu nouveau-né sur un van figurant un berceau. Une fête appelée eHpo(ç était célébrée aussi à Delphes, tous les neuf ans, pour rappeler le retour de Sémélé sur la terre T.
1. Catulle, LXIV, v. 257 et suiv. ; Virgile, Enéide, I. IV, v. 301.
2. I'botius, s. v. vegpKwv ; voy. aussi Lobeck, Aglaophamus, p. 653, et Preller, gr. Mythol., t. I, p. 431.
::. l'ausanias, I. Il, <■. 2, §7; 1. Ht, c. 20, § i et I. IX, c. 20, * i : Hésychius, s. v. ôapytèeî; Virgile, Géorg., I. II. v. J86; Sophocle, Antigone, v. 1150; voy. aussi Lobeck, Aglaophamus, p. 57e.
4. Diodore (I. IV. c 3) dil expressément que des Dionysies triennales étaient célébrées par 'les femmes, non pis dans tous les États grecs mais dans un grand nombre d'entre eux. Voy. au surplus l'intéressante disser latioii 'le Rapp, die Vsenaden im Griech. Cultiis V. Rhein Muséum t. XXVII, 1).