Hérodote,!. VI, c
Lorsque la suite des événements et surtout la victoire de Salamine eurent montré ce qu'il en était, l'Oracle devint plus encourageant *. Après la bataille de Platée, on le consulta sur les actions de grâces à rendre aux dieux, et ce fut avec son assentiment que fut fondée, sur la proposition d'Aristide, une fêle fédérale en l'honneur de Zùq 'EXeuQspioç, à laquelle devaient prendre part tous les Grecs qui s'étaient armés pour la cause commune -. On savait que ces fêtes étaient un moyen d'entretenir chez les Grecs l'esprit de solidarité; c'est pourquoi la Pythie avait autrefois conseillé le rétablissement des jeux olympiques. Pour la même raison, Apollon était honoré à Olympie sous le nom de ©épjjwoç, qui n'est qu'une forme de &éa\uoç} comme auteur des règlements en vigueur pour la célébration des fêtes3. Ce fut encore cette considération qui porta l'Oracle, après la première guerre sacrée, à faire des jeux pythiques une fête nationale analogue à celles d'Olympie.
Parmi les causes qui influèrent sur les affaires de la Grèce, on doit citer en premier lieu l'établissement des colonies. S'il est vrai qu'elles aidèrent audéveloppementetàla prospérité do la Grèce, soit en prévenant les ébranlements'ct lesrévolutions que n'eut pas manqué d'amener dans la métropole une population exubérante, soit en créant des relations au delà des mers, et en propageant chez les barbares les coutumes et la civilisation grecques, c'est à l'oracle de Delphes que revient le mérite de les avoir réclamées et dirigées, d'après un plan méthodique, car on ne s'exposait guère à envoyer une colonie sans le conseil du Dieu4. Il s'entendait ou plutôt les prêtres qui parlaient en son nom s'entendaient mieux que personne à indiquer les lieux qui offraient le plus de chances de succès. Ils possédaient sur les contrées étrangères et sur les relations que l'on pouvait nouer avec elles les renseignements Les plus précis, et composaient leurs réponses d'après ces données.
Les affaires intérieures des Etats grecs étaient souvent aussi réglées suivant les instructions de l'Oracle. C'est de lui
1 ,; Plutarque, Aristide, c. 11.