Voy. Rangabé, Antiq. hdlen., t. 11, p
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fl entre elles êtaienl célébrées seulemenl par une partie de la population, corporations ou classes privilégiées, que par conséquent elles n'étaient pas, à vrai dire, «les fêles nationales, ce nom devanl être réservé pour les solennités adoptées par l'Etat, durant lesquelles toutes les affaires publiques étaienl suspendues. ICn ce sens, les Dionysies rustiques elles-mêmes étaienl nue fêle non pas nalionale, mais régionale, puisqu'on les célébrait séparémenl dans les dêmes, quin'étaienl pas tous astreints à cette observance et, même en s'y soumettant, pouvaient ne pas choisir le même jour. Sans doute des risî leurs étrangers se rendaient quelquefois ;ï ces fêtes locales. Il en était ainsi en particulier pour les Dionysies du Piréé, pour les Héraklées de Marathon, mais cette affluence tenail à l'attrait des jeux. Il arrivait aussi que l'Etat envoyai! des Théories et des offrandes, par exemple dans le dême de Brauron, lors de la fête quinquennale d'Artémis, dans celui d'Athmonon pour les Amarysics, à Sunion pour la fête de Poséidon. Il n'en faut pas inférer que la capitale prit part aux réjouissances et qu'il y eût vacances générales. Lorsqu'on voit que les Chalkeia, avant de devenir la fête des ouvriers, avaient été une fête officielle, cela peut vouloir dire une seule chose, que l'État s'y intéressait par l'accomplissement d'un sacrifice en l'honneur d'Artémis et d'Héphaïstos. Les Mouseiâ et les Ilermeia, qui se passaient à l'intérieur des écoles, n'étaient certainement les fêtes que des maîtres et des élèves. De même les Thalysies, les Épikleidies et les Haloa, bien que fêtées aussi dans la ville, ne l'étaient que par les propriétaires de biens ruraux, et les scènes marquantes avaient toujours pour théâtre la campagne l. On ne saurait douter qu'il n'y eût dans tous les pays grecs de ces fêtes restreintes, quoique nous ne possédions de renseignements précis que sur celles de l'Attique. Pour cette contrée, au moins, nous pouvons dire en toute assurance que chaque dême, sans exception, avait ses fêtes patronales, qui, malgré le luxe relatif qu'on
1. Le caractère champêtre des Thalysies, dans l'île de Cos, est attesté par Théocrite, I<l., VII, v. 3, et 31. On lit aussi dans le rhéteur Ménandre {Rhet. graeci, éd. Walz, l. IX, p. 251): x/, Hi'-r,-?- ?■*■ "':> Aiovvcrw o\ xs(àpyo\
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CULTES OFFICIELS ET SOLENNITÉS RELIGIEUSES G2o
v déployait et le nombre des visiteurs qui s'y donnaient rendez-vous, n'en étaient pas moins réduites à ces localités '. Outre les fêtes de ce genre mentionnées plus haut, nous voyons signalées encore, comme ayant le même caractère, des Aphrodisies, des Anakéia, des Apollonies et des Pandies , qui paraissent avoir appartenu au dème Plolhéia \ Nous savons toutefois que ce dème avait formé une association religieuse avec le dème Sémachidae et un autre dont le nom est resté inconnu; il est plus que probable, par conséquent, que quelqu'une de ces solennités était célébrée en commun. Les quatre dèmes de Phalères, du Pirée, de Thyma?tadse et de Xypélé, possédaient un sanctuaire indivis d'Héraclès, ce qui suppose sûrement que tous quatre concouraient à la fête du Dieu ;!. A Phalères, on célébrait, sous le nom de Kybernisia, une fête dédiée aux héros Nausithoos et Phaeax, qui passaient pour avoir été les pilotes de Thésée '*. Le dème llékalé, uni à quelques démos voisins, l'était l'ancienne héroïne dont il avait emprunté le nom et qui, suivant la légende, avaitdonné l'hospitalité à Thésée, lorsqu'il combattit Je Mi no taure ;'. Il est de toute vraisemblance (pu- les mêmes hommages étaient rendus aux héros éponymes de chaque dème6, et cette conjecture doit s'étendre aux éponymes des dix tribus qui, ayant certainement leurs prêtres, leurs sanctuaires et leur téménoi, ne pouvaient manquer d'avoir aussi leurs jours de fêtes 7. Les quatre anciennes tribus ioniennes, bien qu'elles eussent, depuis Clisthène, perdu de leur importance
I. Aussi ces fêtes étaient elles qualifiées de S^^otixat, non de 8v;%uoTîXeîç, épithète que Thucydide (1. II, c. 15) applique aux ''Mes nationales. I le môme mi appelait lepà 8ï|[j.(mx<x les sacrifices offerts par un dême, et irnio ceux dont le peuple tout entier ou l'Étal faisait les fiais: voy. Harpocration il llésyeliius, s. v.; Lrxicon Seguer., p. 240 ; Bœckh, Staatshaush. der \Hn,irr,\. [, p. 298 ; C.-F. Hermann, Griech. Alterth., t. f, § 8, 11.
J. Corpus Inscript, graec, n° 82.
3. Voy.Bœckb, ibiil, i. l,p. 122. Démosthène (c. Eubulide, § 16 p. 1313) nous apprend l'existence d'un prêtre du dême Halimus. Sur le culte d'Héraclès dans le dême Mélité, voy. Meursius, Grsec.ia Feriatn, p. 138
i. PJutarque, Thésée, c. 17.