CHAPITRE VINGT ET UNIÈME
RNEKA1LLES ET CULTE DES MORTS
Le soin de donner la sépulture aux morls était considère comme l'un des devoirs les plus sacrés. En le négligeant, on outrageait non seulement ceux que l'on avait perdus, mais les dieux eux-mêmes, et les dieux de l'Olympe aussi bien que ceux des régions souterraines. Le cadavre privé de sépulture souillait toute la contrée environnante et blessait la vue des dieux '. Les âmes des morts ne trouvaient pas asile dans les enfers, tant que les derniers devoirs ne leur avaient pas été rendus, et les dieux infernaux s'irritaient de ne pas recevoir ce à quoi ils avaient droit (ta aûtuv où v.yvZi-hj.:1). Quiconque trouvait un cadavre sans sépulture se sentail obligé, s'il ne pouvait faire plus, à le recouvrir au moins de quelques poignées de terre3. Le l'ail de ne pas rendre aux soldats morts dans les combats les honneurs qui leur étaient dus, était considéré connue un crime dont avaient a répondre les généraux. On ne pouvait refuser aux ennemis vaincus l'armistice qu'ils demandaient pour accomplir ce pieux devoir, et s'ils étaient hors d'état de le remplir, la charge en retombait sur les vainqueurs*. Les lois athéniennes déclaraienl les enfants qui
1. Sophocle, Anligone, v. 1068; Euripide, les Phéniciennes, v. I Lysias, Epitaph., § 7. On pourrai! citer beaucoup d'autres témoignages.
2. vElien, Var. Hist., I. V, c. 1 1 ; voy. aussi le Schol. de S Antigone, v. j.v>.