Voy, ci-dessus, p
d'enterrer personne, on dut, à plusieurs reprises, faute d'avoir observé cette défense, faire disparaître tous les tombeaux. En cela, comme en beaucoup de choses, les vues variaient suivant les lieux et se modifièrent avec le temps. Là même où la règle voulait que les tombeaux fussent tenus à distance des maisons et des temples, des exceptions étaient faites en faveur de quelques personnages privilégiés1. Les tombeaux des oîxt<rca( étaient construits généralement à l'intérieur des villes qu'ils avaient fondées, et le plus souvent sur les places publiques. Un monument fut élevé à Pyrrhus, dans Argos, à l'endroit où il avait été frappé mortellement 2. Les restes de Timoléon furent déposés dans un tombeau construit à Syracuse, sur la place du marché3. Aratus fut enseveli à Sicyone, sur une émincnce exposée à tous les regards. Mais ces personnages et ceux qui obtinrent les mômes honneurs furent traités comme des héros, non comme des morts ordinaires. Leurs tombeaux étaient des sanctuaires; encore, ne dérogea-l-on aux coutumes qu'après avoir consulté l'oracle : le fait, du moins, est attesté pour Aratus et pour Pyrrhus. Tous les tombeaux, n'importe où ils étaient placés, et quels que fussent les morts qu'ils renfermaient, étaient des lieux consacrés. Toute dégradation était réputée un attentat. Quelquefois des épitaphes vouaient aux malédictions ceux qui se rendaient coupables de ce méfait, et les menaçaient des dieux souterrains', ou bien ces inscriptions recommandaient aux héritiers du défunt de veiller sur son monument \ à peine d'être déclarés déclins de l'héritage ou d'acquitter une
1. Pour des raisons faciles à comprendre, il ne peut être question ici des tombeaux élevés en L'honneur des héros dans des temples de Dieux. Th. Pyl (die Rundbauten, p. 67 et suiv.) donne des spécimens de ces monuments.
.'. Pausanias, I. I, c. 13, §8, el 1. 11. c. Ji, § i.
3. Plutarque, Timoléon, c. 39, et Aratus, c. 53; Pausanias, 1 11, c. 8, § 1. A Phigalie, un tombeau commun («oXudcvBpiovj avait été élevé sur le marché à la mémoire des cent hommes d'élite qui, dans la seconde année de la XXXe olymp., avaient repris la ville aux Spartiates et l'avaient rendue à ses anciens habitants. Tous les ans, ou leur offrait des sacrifices funèl comme à des héros. Voy. Pausanias, l. VIII, c. 39, §3 et i. et c. 10, § 1 Xénophon [Hellen., I. VII, c. .">, § 12) cite un autre exemple du même genre.
\. Corpus Insoript. grsec, n° .">ir> et 589-591.
•'). Corpus Inscr, gr. , u° 2824 2835.
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amende. On faisait injure aux morts ou aux monuments, si dans les tombeaux communs à une famille, à une gem ou à une corporation, on introduisait les corps d'étrangers al d'hommes ne jouissanl p;is des droits civils. I >n avail l'obligation de visite)-, à des époques déterminées, les tombeaux de ses proches, de les orner de couronnes el de bandelettes, ei d'accomplir des sacrifices funéraires. Ce devoir était de rigueur, chez les Athéniens, au moins une fois l'an. On avail le choix entre l'anniversaire de la mort et celui de la naissance, mais, on préférait, en général, le dernier, d'où est venu le nom de ysvss'.x1. Outre ces hommages privés, la solennité publique des veyiffsia ou des vexûata, revenait le 5 de Boédromion2. On pouvait aussi, par acte de dernière volonté, prescrire que des honneurs particuliers seraient rendus à la mémoire de tel ou tel mort. On connaît le testament par lequel Epicure lègue des revenus, pour célébrer l'anniversaire des funérailles de son père, de sa mère et de ses frères, et pour fêter le jour de sa naissance, le 10 du mois de Gamélion3. Les légataires devaient en outre veiller à ce que , le 20 de chaque mois, ses disciples se réunissent, afin de lui rendre honneur ainsi qu'à Métrodore, d'où vint que les philosophes de la secte d'Epicure furent désignés sous le nom d'Eikadistes. Le testament d'une riche habitante de Théra, nommée Epictéta, offre encore un exemple intéressant de dispositions analogues*. Elle laisse une somme de 3.000 drachmes, dont les intérêts calculés à 7°/0, soit 210 drachmes, devront être payés à ses parents, réunis en association (àvopetsç twv tx^viwi, sous entendu œùXXoyoç), pour les mettre à même de s'assembler
1. Voy. Schœmann, dans son Commentaire sur Isée, p. 222, etPétersen, Gebiirtstugsfeiern, p. 301.
2. Voy. ci-dessus> p. 557. Péterse^ ibid., p. 203, réclame aussi pour cette fête le nom de ywima ; d'un autre côté, Maurophrydès (Philistor., t. II, p. 177) ne fait pas dériver ce mot de yévean;, et le regarde comme une corruption de fevlaia, dont la racine est fevw, d'où viennent aussi yôvoç et funus .
3. Conservé par Diogène Laërte (1. X, c. 18). UAnthologie Palatine (1. XI, 44) contient une invitation à la fête de IVixiç, adressée par Philodéme, connu pour un disciple d'Epicure, à Pison qui, daprès le témoignage de Cicéron, était aussi l'élève du philosophe grec.